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Vous êtes ici : Accueil » À propos » Une monographie de Communautique » 3. Champs d'activités

3. Champs d'activités

Sommaire

Signalons que le caractère hétérogène et multiple des activités de Communautique rend difficile tout effort de catégorisation de ses champs d'activités. Ceci est en partie dû au fait que l'organisme agit souvent de manière enchevêtrée et simultanément sur plusieurs fronts, tels ceux de la recherche et de la formation, lorsqu'il mène un projet.

En parcourant les documents mis à notre disposition par Communautique, trois grands axes de travail ressortent :

Ces axes de travail font partie du plan de développement de l'organisme ; on les retrouve dans tous les rapports annuels à partir de 1999-2000. Dans le cadre de cette monographie, nous décrivons les champs d'activités les plus significatifs de Communautique. Nous avons distingué respectivement : les activités de formation, de recherche, de représentation publique, de réseautage et de soutien technique.

3.1 Formation

La formation est l'activité fondatrice du projet Communautique et demeure son principal champ d'expertise. Le Café Communautique, situé jadis dans les locaux de la Puce communautaire évoque la naissance de Communautique comme pourvoyeur de formations. Il s'agissait du premier point d'accès communautaire à Internet où des activités de sensibilisation aux nouvelles technologies et de formation à leur utilisation ont eu lieu. Plus tard, après avoir offert un grand nombre de formations à des groupes communautaires à travers le Québec, l'organisme a reçu une accréditation du Ministère de l'Éducation en 2002.

Le but premier des activités de formation de Communautique est d'outiller les groupes et les citoyens pour une utilisation stratégique des technologies de réseau, adaptée à leurs besoins et à leurs contextes. On peut lire sur le site web de Communautique :

Communautique offre depuis 1997, des formations sur des utilisations stratégiques des technologies de l'information et des communications (TIC) adaptées à la réalité des organismes communautaires. De 1997 à 2003, Communautique a donné plus de 500 sessions de formation rejoignant environ 2100 personnes provenant de 1400 organismes au Québec1.

Les formations peuvent être offertes dans les locaux de Communautique ou, grâce à des portables fournis par Communautique, directement dans les locaux des groupes communautaires intéressés. Elles sont dispensées par les formateurs de Communautique ou par des personnes formées par l'organisme. Plusieurs types de formations sont disponibles : ateliers de sensibilisation, formations régulières, formations adaptées aux besoins, formations par projet et formations d'agents multiplicateurs.

3.1.1 Les ateliers

Les ateliers de Communautique sont intégrés aux formations régulières, en guise d'introduction pour les néophytes. Ils offrent une sensibilisation à l'utilisation des TIC mais surtout à l'enjeu qu'elles représentent tant pour les organismes communautaires que pour les populations que ces groupes desservent. Depuis les débuts de Communautique, les ateliers, d'une durée moyenne de trois heures, sont offerts au Centre Saint-Pierre.

Voici quelques exemples de thèmes abordés :

Les ateliers représentent un premier contact avec les enjeux liés aux TIC, ils n'ont pas de visée pratique immédiate.

3.1.2 Les formations régulières

Il y a deux types de formations régulières : les formations d'ordre pratique orientées vers l'utilisation (courriel, sites web) ; les séances d'information thématique et de sensibilisation aux enjeux des TIC pour le monde communautaire.

Voici quelques exemples de formations régulières :

Des formations ont été données dans différentes régions du Québec : Saguenay Lac Saint-Jean, Québec, Mauricie, Estrie, Montréal, Laval, Outaouais. L'objectif était de promouvoir une utilisation efficace des TIC parmi les groupes communautaires. Un bilan des activités de formation réalisées entre 1997 et 2003 faisait état, en date de novembre 2003, de 694 organismes ayant participé à un total de 187 formations pour l'ensemble du Québec.

3.1.3 Les formations adaptées aux besoins

Les formations sont développées pour répondre à des besoins spécifiques d'organismes qui font une demande de formation à Communautique, souhaitant acquérir des compétences supplémentaires liées aux TIC. Par exemple, Communautique a donné une formation intégrée au programme de perfectionnement offert par le Regroupement des centres de la petite enfance de l'Île de Montréal. Communautique a également donné une formation en création de page web à des jeunes de l'organisme « Des jeunes chez eux partout ». À une autre occasion, Communautique a été contacté par le Regroupement économique et social du Sud-ouest2 (RESO) afin d'y donner une formation à des conseillères en emploi et à des personnes en recherche d'emploi fréquentant le groupe. Dernier exemple : l'initiation à la navigation et au courriel donnée dans les locaux du ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration.

Devant la diversité des besoins exprimés par les groupes et les populations ciblées, Communautique s'est doté, au fur et à mesure de ses expériences, d'une expertise pédagogique nécessaire à une transmission efficace des connaissances et compétences liées à ses formations.

3.1.4 Les formations par projet

Dans le cadre de certains projets spécifiques, Communautique s'est occupé de la formation de groupes particuliers à l'utilisation des TIC.

En novembre 1998, le ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration a sollicité la participation de Communautique à une mission en France, dans le cadre des collaborations franco-québécoises sur l'immigration. Il s'agissait d'une étape exploratoire pour l'élaboration d'un modèle de formation aux TIC pour les intervenantes et intervenants oeuvrant auprès des nouveaux arrivants. La collaboration s'est poursuivie en 1999 alors que Communautique a participé à un projet de formation aux TIC de formateurs et de formatrices en francisation3. En tout, les 46 formations offertes ont attiré 430 participants à Montréal, Longueuil, Hull, Sherbrooke, Québec et Laval.

Entre mars 1998 et avril 1999, Communautique a été partenaire d'un projet du Centre St-Pierre et de la Puce RI, intitulé « Création de réseaux », financé par Santé Canada. Communautique a contribué à équiper et former 184 organismes communautaires québécois financés par les programmes PACE et PCNP de Santé Canada. Ces organismes étaient situés dans douze villes différentes du Québec. Par exemple, Communautique a donné deux ateliers de formation dans le cadre de la programmation automne 1998 - hiver 1999 du Centre St-Pierre. Le premier atelier portait sur le branchement à Internet et le second sur la conception de site web.

Le projet « Introduction à Windows 98 et à la télématique », financé aussi par Santé Canada, a permis à Communautique d'offrir des formations au cours desquelles des notions de base en informatique, de l'environnement Windows et de la gestion de fichiers étaient abordées. En tout, 31 sessions ont été offertes dont 19 à Montréal et Hull, trois au Cap-de la-Madeleine, puis une à Gaspé, Sherbrooke, Rouyn, Chicoutimi, Baie-Comeau, Alma et Chibougamau. Ce projet a été particulièrement fructueux puisque 124 organismes et 239 personnes ont participé à un total de 62 journées de formation.

En octobre 1998, le gouvernement du Québec a souhaité offrir une adresse de courrier électronique à tous les Québécois et initie alors le projet pilote « courrier.qc.ca ». Le projet débute en mai 1999 et se termine en mai 2000. Il n'a pas connu le succès escompté, mais a permis à Communautique de mener plusieurs activités de formation. En effet, Communautique a été invité par le ministère de la Culture et des Communications à participer aux comités «formation usagers», «technique» et «directeur» du projet-pilote d'attribution d'adresses de courrier électronique aux citoyens et citoyennes des quartiers Sainte-Marie-Saint-Jacques et Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, ainsi que ceux de Baie-Comeau. Une formation de base à l'informatique et une formation à Internet ont été offertes au public. En 1999-2000, des animateurs ont été formés pour agir dans les groupes participant au projet ; des activités d'initiation ont été mises sur pied.

Outre ces formations, Communautique assurait la coordination des activités du projet dans deux comtés du Québec. Communautique s'est aussi chargé du développement d'outils communs d'inscription et de formation, de même que la mise sur pied de deux listes de distribution.

Communautique s'est aussi chargé d'organiser des activités de formation au Québec dans le cadre du programme VolNet d'Industrie Canada, visant à brancher le secteur bénévole et à apprendre aux groupes à utiliser les TIC afin de réaliser leur mission plus efficacement. À l'échelle canadienne, il s'agissait d'offrir un branchement Internet, un matériel informatique et d'assurer l'apprentissage d'Internet à 10 000 organismes bénévoles du Canada. Communautique était chargé de rejoindre les organismes bénévoles du Québec. En 1999-2000, dans le cadre de la première année de ce projet, les formations offertes par Communautique portaient surtout sur des notions de base en informatique. Par la suite, les formations se sont orientées vers le perfectionnement des notions acquises et l'acquisition de compétences plus avancées d'utilisation des TIC4.

3.1.5 Les formations d'agents multiplicateurs

Les agents multiplicateurs sont des animateurs formés par Communautique qui interviennent ensuite auprès de plusieurs points d'accès au sein de centres communautaires. Ces personnes sont formées pour offrir les formations régulières de Communautique, en encadrant et en enseignant à des populations diversifiées.

Par exemple, pour le projet « Inforoute – Point d'accès », ayant débuté en 2000, outre son rôle de coordination nationale des partenaires et de suivi du projet, Communautique a aussi joué un rôle de formateur, développant un programme composé de cinq modules et s'étalant sur quatre semaines. Cette formation s'adressait aux animateurs destinés à travailler dans les points d'accès, afin de compléter leurs connaissances des TIC et aussi, de leur fournir des stratégies andragogiques et d'encadrement. Communautique offrait un soutien pédagogique continu aux animateurs, grâce notamment à une trousse pédagogique qui leur était remise. L'organisme favorisait les échanges d'expertise entre eux via une liste de diffusion et un forum thématique. « Inforoute - points d'accès » a permis la création de 80 points d'accès au Québec, où se sont déplacées douze équipes de trois animateurs et animatrices, cinq fois par semaine, pour y offrir des ateliers d'initiation aux gens fréquentant le point d'accès, ainsi qu'à la population en général5.

Au sein du PAC, programme lancé par Industrie Canada dans le but d'outiller groupes et citoyens à l'utilisation stratégique de l'Inforoute, Communautique a proposé une formation pour les intervenants et bénévoles de plusieurs CACI. Il s'agissait d'une familiarisation et d'un perfectionnement à Internet de douze heures, se déroulant sur deux jours.

Plus largement, une formation de 18 heures sur trois jours est dédiée aux animateurs qui désirent œuvrer dans les points d'accès communautaires et les CACI. Comme pour le projet « Inforoute – points d'accès », il s'agit pour l'organisme, de fournir une formation de base à Internet, et surtout d'inventer des stratégies pédagogiques pour permettre aux animateurs de composer avec la diversité de la population que l'on retrouve dans les centres communautaires.

3.1.6 Conclusion

Depuis les débuts, les activités de formation offertes par l'organisme ont été importantes en nombre et en variété, et certainement bénéfiques pour les groupes communautaires impliqués. Toutefois, le nombre de demandes pour les formations de base a quelque peu décliné au cours des dernières années, ce qui n'est pas surprenant puisque que les formations de base sont aujourd'hui plus largement diffusées à travers les institutions scolaires formelles. L'enjeu majeur pour l'organisme consiste désormais à pouvoir offrir des formations répondant davantage aux besoins spécifiques des groupes communautaires et à leur stratégie propre de développement. En matière de contact et de réseautage avec les groupes communautaires, Communautique possède une vaste et importante expérience grâce aux formations par projet et aux formations adaptées aux besoins déjà offertes dans des milieux fort diversifiés. Il reste que la situation spécifique de chaque groupe communautaire quant à sa mission et ses besoins particuliers, oblige désormais Communautique à déployer une polyvalence encore plus grande dans son offre de formations, ainsi qu'au maintien d'un contact soutenu avec le milieu par le biais d'activités de concertation, de recherche et d'analyse des besoins des groupes.

3.2 Recherche

Deux grandes thématiques caractérisent les activités de recherche de Communautique : en premier lieu, l'importance accordée par Communautique à l'étude des besoins spécifiques du milieu communautaire en regard des TIC ; en second lieu, les travaux et réflexions de Communautique concernant le thème de la citoyenneté dans le contexte d'émergence d'Internet.

3.2.1 Cerner les besoins du milieu communautaire

L'un des premiers mandats de Communautique fut de souligner et de documenter les lacunes en matière d'infrastructures informatiques présentes au Québec, et plus particulièrement celles accessibles aux groupes communautaires. La réalisation de plusieurs études de besoins a permis d'apporter de premières réponses à ce type de préoccupations. Trois études ont été menées successivement en 1996-1997, 1999-2000 et 2004. Ces enquêtes ont permis de cerner les progrès accomplis par le milieu communautaire dans leur accès aux infrastructures et dans leur niveau d'appropriation des TIC.

Première étude de besoins : 1996-1997

Réalisée en 1996-1997, l'étude de besoins constitue le premier travail de recherche effectué par l'équipe de Communautique en vue d'informer les groupes communautaires sur les TIC, d'évaluer leurs acquis ainsi que les compétences qu'ils doivent développer. Ce projet de recherche a permis aussi de mesurer la faisabilité du projet Communautique. Les données ont été obtenues par le biais d'un questionnaire envoyé à environ 600 groupes (82 répondants) oeuvrant dans les domaines de l'éducation, de la citoyenneté et du développement local et régional, et par l'organisation de trois journées de familiarisation et de réflexion sur les TIC. Le Service de la recherche et de la planification de Télé-Québec6 a apporté une contribution non négligeable à la préparation des questionnaires.

Sur la base des données recueillies, Communautique a pu identifier les besoins les plus pressants des groupes, plus particulièrement leurs manques en matière d'équipement (volonté d'amélioration ressentie parmi la majorité des groupes répondants, mais peu de fonds à investir) et de formation pour s'approprier les TIC dans leur quotidien (peu ou pas d'expert en informatique au sein des groupes). Les questionnaires ont révélé la volonté des groupes d'intégrer les technologies de réseau dans leurs façons de faire, que ce soit pour l'organisation interne de leur travail, pour la création de liens avec les autres groupes, ou pour communiquer et s'informer plus facilement. Cette première étude de besoins a également permis de vérifier la viabilité et l'utilité du projet Communautique, tout comme elle a concouru à la définition d'une mission et d'objectifs spécifiques pour Communautique.

De manière parallèle, durant ses premières années, Communautique mène des activités de veille afin de tenir le milieu communautaire au fait des avancées technologiques. Plus précisément, l'organisme se montre attentif aux dossiers portant sur l'accès public et universel, sur la confidentialité et la gestion de l'information, sur la télématique communautaire, et sur la sécurité des réseaux (notamment les virus informatiques, sujet particulièrement important dans le contexte du « Bogue de l'an 2000 »). Ces activités contribuent à développer l'expertise de l'organisme et à créer un lien de confiance avec les groupes communautaires.

Seconde étude de besoins : 1999-2000

En 1999, conjointement avec le journal Tour d'y voir et Télé-Québec, une enquête sur l'appropriation des TIC est amorcée7, financée par le Secrétariat à l'action communautaire autonome (SACA). Cette enquête a pour objectif de suivre les progrès réalisés par le milieu communautaire depuis l'étude effectuée en 1996-1997.

Entre 1996 et 1999, l'appropriation de la télématique par les groupes communautaires du Québec s'est opérée à un rythme accéléré: des projets se sont déployés dans plusieurs réseaux; de nouveaux groupes communautaires sont nés avec pour mission spécifique l'appropriation sociale et démocratique des TIC; des regroupements provinciaux et de nombreux groupes de base ont investi les inforoutes. Les groupes se sont engagés, ils se sont formés, ils tentent d'intégrer Internet à leur travail quotidien, ils développent des projets, ils s'interrogent et réfléchissent sur la façon de lier ces nouveaux développements à leur mission et à leurs services tout en leur gardant une dimension humaine8.

Des ateliers de discussion sont organisés, et quelques 3000 questionnaires sont distribués à des groupes communautaires à travers le Québec (450 répondants). L'objectif est alors de dresser un portrait de la situation des groupes communautaires relativement à l'informatisation, l'appropriation, les besoins de formation, tout en cherchant à identifier, à travers le recueil d'expériences, les impacts des TIC sur leurs activités, leur fonctionnement, et l'accomplissement de leurs objectifs.

En ce qui concerne l'évolution de l'appropriation des TIC par les groupes, le rapport d'enquête souligne alors la grande diversité des situations :

L'appropriation de la télématique par les groupes se module ainsi à des rythmes et degrés très variés: pour certains, l'informatique et la télématique sont arrivées simultanément, tout récemment, dans leur quotidien; chez d'autres, ils en sont à considérer le développement d'un site Internet; d'autres multiplient les échanges par courriel et sont des familiers du télétravail; d'autres encore explorent différentes façons d'intégrer Internet à leurs activités et services; certains envisagent même la création d'extranets9.

La conséquence directe de ce constat d'hétérogénéité des besoins et des pratiques est que les regroupements d'organismes doivent utiliser une large palette d'outils de communication pour pouvoir rejoindre leurs membres, ce qui rend évidemment la coordination d'ensemble plus difficile. En outre, les groupes ne semblent pas se sentir en parfait contrôle de leur développement informatique en raison de la surcharge d'information qui cause un certain « stress organisationnel » et également d'un problème de gestion du temps. Quant aux besoins de formation, ils sont toujours largement présents: les groupes ont besoin d'experts en TIC afin d'orienter les utilisateurs novices et pour faire en sorte que la technologie leur amène des avantages sur une base quotidienne. Enfin, le milieu communautaire fait preuve de certaines réserves dans ses attitudes vis-à-vis l'informatique, celle-ci devant avant tout demeurer un outil au service de leur mission : « L'informatique et la télématique sont davantage vus comme des outils incontournables dotés d'un grand potentiel qu'il convient, toutefois, de maîtriser et de subordonner à des valeurs humaines de partage et de solidarité10 ».

Cette enquête, considérée comme une seconde étude de besoins, est intégrée à la démarche du projet Forum rencontres11. En 2000-2001, les résultats de l'enquête sont diffusés et discutés avec les participants et les groupes communautaires. Ces discussions permettent d'approfondir les résultats, de mettre de l'avant les futurs enjeux significatifs pour les groupes, ainsi que d'explorer des pistes de développement en matière de TIC. En même temps, cette enquête permet à Communautique de développer une argumentation solide pour faire valoir auprès des décideurs, les besoins des groupes, en vue de participer aux consultations sur la Politique de reconnaissance de l'action communautaire et de parfaire une stratégie de développement de l'Inforoute communautaire.

Troisième étude de besoins : 2004

L'enquête sur les besoins en formation et soutien technique des organismes communautaires et bénévoles au Québec, a été réalisée en 2004 par Communautique pour le projet de Réseau de formation et de soutien technique en gestion de l'information et des technologies de l'information (GI-TI), financé par le gouvernement du Canada dans le cadre de l'Initiative sur le secteur bénévole et communautaire. Cette enquête se place dans la continuité de l'enquête précédente (1999-2001), dont elle reprend les objectifs principaux (état de l'informatisation, de l'appropriation, des attitudes face aux TIC, de la formation), auxquels s'ajoutent les questions des besoins en soutien technique et l'intérêt pour un service de référencement téléphonique (deux thèmes importants du projet GI-TI).

Au départ, 500 groupes de multiples secteurs d'intervention (alphabétisation, famille, santé) sont contactés par téléphone, 415 acceptant qu'on leur envoie un questionnaire, pour un total de 189 répondants (questionnaires renvoyés à Communautique) en fin de parcours. Communautique reste tout de même réservé quant à la représentativité de cette enquête, étant donné que plusieurs des répondants ont « déjà eu des contacts avec les organismes d'exécution du projet, ils avaient de fortes chances d'être possiblement plus sensibilisés à l'informatique et à Internet12».

Au niveau du parc informatique, la quasi-totalité des groupes contactés possèdent au moins un ordinateur, et 75% d'entres eux ont mis sur pied un réseau local. Malgré les ressources limitées des groupes communautaires, le fait qu'ils soient presque tous pourvus d'équipements informatiques montre bien que le virage technologique a été effectivement pris par le milieu communautaire. L'informatique et Internet sont maintenant considérés comme des outils nécessaires dans le quotidien de presque tous les groupes contactés. Internet est principalement utilisé pour le courriel et la recherche d'informations précises. L'obstacle majeur à son utilisation, tel qu'identifié par les groupes, est le manque de ressources financières, mais aussi les besoins liés à la formation et au soutien technique (ceux-ci relevant également d'un manque de fonds).

L'enquête évalue également de manière détaillée les besoins des organismes communautaires en matière de soutien technique. Le problème récurrent pour les groupes concerne le fonctionnement de l'équipement dans l'utilisation quotidienne. On retrouve ensuite toutes les difficultés liées à l'installation de logiciels, de matériels et de réseaux. Enfin, l'enquête questionne la satisfaction des groupes par rapport aux services de soutien technique qu'ils ont déjà reçus. La plupart des répondants se montrent satisfaits de l'efficacité de ces services de soutien pour la résolution de leurs problèmes, mais plusieurs mentionnent encore le problème du coût ainsi que du temps requis avant que le service ne leur parvienne.

L'enquête se penche aussi sur les besoins des organismes en matière de formation. Au niveau de la bureautique, les demandes des groupes concernent surtout le traitement de texte13, les bases de données et le chiffrier électronique. Les formations reçues par les groupes14 leur donnent satisfaction. Par contre, pour beaucoup, le problème demeure lié à l'accès, 43% d'entre eux déclarant qu'ils n'ont pas accès à ces services de formation15. Par rapport aux formations à Internet, il semble que les notions de base aient été assimilées par les groupes, leurs besoins étant devenus plus spécifiques et en lien plus direct avec leur propre développement : pages web, courriel, recherche d'informations. Dans le cadre de cette enquête, Communautique avait également inclus un besoin appelé « Internet en soutien à la mission de l'organisme », qui fut l'objet d'une perception positive de la part des répondants16. La moitié des répondants ont déclaré avoir recours à des services de formation à Internet, les trouvant le plus souvent adéquats. Toutefois, pour plusieurs, le coût élevé de ces formations constitue un frein à leur utilisation.

Conclusion

Les besoins des groupes constituent le point d'ancrage d'une appropriation efficace des technologies par le milieu communautaire et les citoyens. Communautique a toujours emprunté une stratégie ascendante (c'est-à-dire d'abord à l'écoute des groupes de base) pour que l'intégration des technologies se fasse selon la volonté et les critères propres des groupes. Tous les projets menés par Communautique s'inscrivent dans cette nécessité d'identifier des besoins et d'y répondre. Nous avons choisi de parler des études de besoins car celles-ci traduisent cette attention particulière de l'organisme. Déjà, les premiers projets pilotes de création de points d'accès respectaient cette même approche consistant à recueillir les impressions des groupes en les sondant directement.

Même si les études de besoins menées depuis les débuts montrent à quel point l'usage des TIC et d'Internet a fait un bond dans le milieu communautaire québécois, il  reste que les obstacles que sont le manque d'argent, de temps et de ressources humaines freinent significativement pour ces groupes le processus d'appropriation des technologies. À cet égard, l'une des propositions de Communautique ayant été la mieux accueillie par des groupes est la mise en place d'un service de référencement gratuit qui permettrait aux groupes de compter sur des ressources adaptées à leurs besoins et à leurs moyens17. L'étude de besoins réalisée en 2004 confirme ainsi la pertinence du projet GI-TI dont Communautique fait partie.

3.2.2 La citoyenneté à l'heure d'Internet

Au cours des dernières années, la citoyenneté a été l'un des thèmes récurrents dans les débats tant sociaux que politiques sur les enjeux sociaux d'Internet. Jusqu'à quel point Internet peut-il devenir un outil citoyen? Comment faire d'Internet un espace de vie démocratique? Comment mettre en place un gouvernement en ligne, et quelles formes ce gouvernement pourrait-il prendre? Ces débats occupent une place non négligeable dans l'élaboration de consensus publics concernant la direction que devrait prendre une politique de l'Inforoute au Québec. Communautique n'ayant pas été consulté en premier lieu par le gouvernement, l'organisme ne s'est pas pour autant désengagé de ces questions importantes. Au contraire, il a entrepris de sonder d'abord le mouvement communautaire et de faire valoir ensuite ses revendications auprès du pouvoir politique.

Recueil d'expériences

Parallèlement aux études de besoins et des consultations auprès du milieu précédemment décrites, l'organisme a réalisé un autre type de cueillette de données, ciblant cette fois-ci des groupes communautaires ayant déjà intégré l'usage des TIC dans leurs pratiques et ayant des expériences à partager.

En mai 2001, Communautique lance un projet de « recueil de récits d'expériences d'appropriation des TIC ». Une série de trois rencontres est organisée à Montréal, Trois-Rivières et Québec, afin de diffuser les résultats de l'enquête sur l'état de l'appropriation des technologies (seconde étude de besoins). Cette enquête montrait, entre autres, que l'idée d'une plateforme d'information commune avait intéressé plusieurs groupes. La mise en discussion de l'enquête a permis de voir que cette idée était toujours d'actualité. Les groupes demeuraient intéressés à la construction d'un outil informatique commun offrant un espace pour échanger leurs expériences, leurs difficultés et les moyens qu'ils ont mis en place pour répondre à ces difficultés.

À l'occasion de ces rencontres, d'autres échanges sur les expériences d'appropriation ont eu lieu. Ceux-ci ont permis à la fois, d'identifier les difficultés rencontrées dans les groupes et de définir les enjeux futurs, pistes d'action et moyens à mettre en place pour répondre à ces enjeux. Les discussions autour de l'enquête ont conduit à la création d'un document identifiant les enjeux de la fracture numérique ainsi que les conditions nécessaires pour le droit à l'accès des groupes communautaires et leur reconnaissance comme acteurs essentiels pour une appropriation des TIC réussie pour l'ensemble de la population. Enfin, ces discussions ont mené au recueil de récits auprès de groupes relatant leurs expériences d'utilisation des TIC. Ces derniers ont d'abord été diffusés en version papier puis, plus tard, mis en ligne sur le site web du projet « Espace associatif » que nous décrirons plus bas.

Une plateforme québécoise de l'Internet citoyen

Les discussions de mai 2001 se sont conclues notamment sur l'idée de se doter d'une plateforme qui rassemblerait les principaux enjeux et les conditions nécessaires au développement de l'Internet citoyen, social ou communautaire au Québec. (...) Ces conclusions ont guidé Communautique et l'ont conduit à tracer un avant-projet d'une telle plateforme. Ce projet de plateforme se veut rassembleur et mobilisateur18.

L'avant-projet intitulé « Vers une plateforme de l'Internet citoyen! » a été adopté par les membres de Communautique lors de l'assemblée générale de février 2002. L'avant-projet repose sur le constat d'une fracture numérique qui perdure au Québec, alors que l'informatique et Internet font maintenant partie du quotidien d'un nombre croissant d'individus. Ainsi, même les efforts importants consentis par les gouvernements du Québec et du Canada en faveur de l'accès tendent à oublier plusieurs sections de la population et à favoriser le développement d'une Inforoute à caractère surtout commercial. Plusieurs obstacles à l'appropriation des technologies par les groupes communautaires ont été identifiés : le manque d'équipement – malgré d'importants progrès depuis 1995, plusieurs groupes ne possèdent pas suffisamment de matériel informatique –, l'absence de veille technologique orientée vers les besoins du milieu communautaire, l'insuffisance de programmes de formation continue, le manque de soutien technique. L'accès aux technologies pour tous, la nécessaire implication du gouvernement pour la stimulation de projets novateurs et la prise en compte de la place du milieu communautaire dans l'élaboration des politiques publiques représentent les principales revendications décrites dans cet avant-projet. Il s'agit des trois enjeux de base pour le développement d'un Internet citoyen.

Afin de discuter de cet avant-projet, deux rencontres, réunissant environ 50 groupes, furent organisées en mai et juin 200219. L'avant-projet fut par la suite diffusé plus largement au sein des groupes communautaires québécois, en mettant de l'avant l'idée d'un Internet plus proche des citoyens. Dans ce document, « Communautique souligne que l'accès universel aux technologies pose un défi à l'ensemble de la société québécoise, les statistiques montrant que d'importants segments de la population risquent de se retrouver en marge (…), en état de vulnérabilité vis-à-vis de sa pleine intégration sociale, de son insertion sur le marché du travail, et de plus en plus vis-à-vis de l'exercice de sa citoyenneté entière et active20 ».

En 2003-2004, dans le cadre d'une deuxième tournée visant à promouvoir le projet de Plateforme de l'Internet citoyen, Communautique a organisé diverses consultations au Québec. Ces consultations ont été menées par l'entremise des partenaires de Communautique en région. D'abord prévues dans cinq villes (Amos, Gatineau, Rimouski, Saguenay et Sherbrooke), les consultations dans ces trois dernières villes ont été remplacées par des rencontres à Québec et Montréal. Dans l'ensemble, ces consultations ont démontré que la question de l'accès aux TIC était loin d'être résolue et que la fracture numérique ne cessait de s'élargir. Il s'avère ainsi important d'agir rapidement afin de contrer cette inégalité face à l'accès, car les compétences nécessaires à une appropriation des technologies apparaissent de plus en plus sophistiquées. La mise en place des points d'accès publics à Internet est perçue comme une initiative importante dans laquelle les gouvernements doivent s'engager s'ils désirent réellement contrer les inégalités d'accès aux TIC. En outre, les points d'accès s'inscrivent dans la perspective d'un déploiement éventuel du « gouvernement en ligne », et constituent un mécanisme pertinent pour encourager l'appropriation citoyenne des technologies. L'accessibilité à un dispositif technique ne constitue toutefois qu'une condition préalable à une appropriation citoyenne effective d'une technologie21.

Dans la présentation de son projet de plateforme, Communautique définit précisément ce qu'il entend par l'Internet citoyen :

L'Internet citoyen est une expression nouvelle qui ne redéfinit pas la citoyenneté ni ne réfère uniquement à Internet. Elle veut mettre de l'avant, non seulement l'utilisation des technologies de l'information et de la communication à des fins citoyennes, mais surtout l'appropriation de ces outils pour renforcer la citoyenneté. Elle met l'accent sur l'inclusion ; elle se veut pluraliste et porteuse de diversité22.

Voici les propositions pour développer l'Internet citoyen ayant émergé des tournées de consultations pour la Plateforme :

En ce qui concerne ce dernier point, les consultations ont souligné que, pour soutenir l'action des groupes communautaires dans la population, les programmes subventionnaires devaient reconnaître l'importance des ressources humaines dans le transfert de compétences à la population et par conséquent, offrir un supplément aux groupes pour financer de telles ressources. On constate ainsi que les groupes communautaires demandent à l'État de s'engager pleinement dans le développement d'une société de l'information bénéfique pour tous, par le biais d'un budget plus conséquent qui soutiendrait les initiatives citoyennes.

Formation à l'Inforoute citoyenne

Un rapport préliminaire préparé par Céline Desjardins pour Communautique24 fait état de l'avancement du projet de Formation à l'Inforoute citoyenne. Avec ce projet, « Communautique veut développer un volet d'éducation à la citoyenneté telle qu'elle se présente dans la société de l'information du Québec, dans une perspective d'apprentissage tout au long de la vie25». Ce projet s'adresse principalement aux groupes communautaires travaillant auprès des populations les plus touchées par la fracture numérique, dans la perspective d'une implication éventuelle de l'ensemble de la société civile dans l'élaboration du projet d'une « société de l'information ».

Le projet de Formation à l'Inforoute citoyenne a donné lieu à l'organisation de plusieurs tournées de consultations sur le terrain, en continuité avec les thèmes débattus lors des rencontres précédentes, permettant de définir les thèmes et concepts de base que les groupes souhaiteraient retrouver dans une formation à l'Inforoute. Une deuxième phase de ce projet a vu le développement de formations avancées, dont certaines traitaient de l'usage des outils de collaboration. Vers la fin de l'année 2004, plusieurs nouvelles activités ont été planifiées: une formation avancée au courriel et à la recherche sur Internet, la mise en place d'un espace de partage pour les personnes œuvrant au soutien technique des groupes, la formation à des forums citoyens dans les points d'accès, et aux outils collaboratifs disponibles sur l'espace collaboratif. Ces activités répondent à la volonté d'offrir aux citoyens les moyens d'utiliser Internet de façon plus experte et stratégique, entre autres en mettant l'emphase sur les possibilités et bénéfices potentiels liés au déploiement d'espaces collaboratifs.

Cet important rapport de recherche sur la Formation à l'Inforoute citoyenne comprend une revue de la littérature sur les utilisations citoyennes des nouvelles technologies et un compte rendu de multiples consultations avec des intervenants du milieu communautaire, et dans le cadre des tournées de la Plateforme de l'Internet citoyen. Le rapport contient également une étude de cas de quelques initiatives de formation alliant TIC et citoyenneté, et finalement, une recherche sur « l'approche par compétences » dans le but de l'appliquer à la mise sur pied d'une formation à l'Inforoute citoyenne26. La réalisation de ce projet de recherche a mobilisé un Comité aviseur regroupant des membres provenant à la fois de Communautique et de milieux variés (communautaire, universitaire). Ce projet a ainsi engagé l'organisme dans des activités de recherche multiples : consultations, recherche d'information en vue de la constitution de dossiers, analyse documentaire, rédaction et production de plusieurs documents originaux.

Espace associatif

Le projet Espace associatif : pour un partage d'expériences en ligne, soutenu conjointement par le Fonds de l'autoroute de l'information (gouvernement du Québec), les Francommunautés virtuelles d'Industrie Canada et Patrimoine Canada, est novateur à plusieurs égards. Ce projet propose la mise en ligne de récits d'expériences sur l'utilisation des technologies par les groupes communautaires et les entreprises d'économie sociale. Offrant un espace personnalisé pour chaque groupe voulant s'y inscrire, ce projet leur permet non seulement d'ajouter leur récit d'expérience mais aussi, de gérer et de participer à des forums de discussion orientés vers des thématiques citoyennes. Les usagers des CACI et d'autres groupes communautaires peuvent également participer facilement aux discussions en ligne. Notons que des équipes d'animation ont été formées par Communautique pour intervenir dans divers points d'accès et expliquer le fonctionnement de l'Espace associatif.

Lancé et ouvert au public le 10 décembre 2004, le site web du projet Espace associatif27 offre des espaces privés de discussion aux groupes communautaires utilisant ou susceptibles d'utiliser les TIC. Ce site permet ainsi aux groupes de déposer facilement des récits d'expériences, en plus de constituer pour eux un lieu d'expression à travers l'offre de divers espaces pour communiquer Déjà, préalablement à l'ouverture de ce nouvel espace aux groupes, plus d'une trentaine de récits d'expériences avaient été mis en ligne par Communautique.

En plus de ces possibilités de partage entre les groupes, ce projet a pour objectif de porter le dynamisme du milieu communautaire québécois à l'avant scène de grandes rencontres internationales. Ces récits ont été organisés autour de huit thèmes : « les groupes de femmes et les TIC », « jeunes et projets avec les TIC », « les TIC intégrées au développement local », « les TIC et les médias communautaires », « TIC et nouvelles problématiques sociales », « les TIC en soutien aux personnes handicapées », « les TIC en alphabétisation », « l'accès communautaire, un atout pour l'action ».

Conclusion

Communautique s'affirme ainsi comme un acteur à part entière de l'Internet citoyen au Québec, développant des partenariats et des collaborations avec d'autres acteurs travaillant sur ce thème. Généralement, les groupes qui font la promotion d'une utilisation citoyenne d'Internet perçoivent les technologies de l'information et de la communication comme des outils faisant partie du domaine public. En conséquence, et suivant cette vision des choses, tous les citoyens et citoyennes, sans discrimination, devraient pouvoir y accéder et s'en servir. Les réflexions de Communautique sur l'Internet citoyen concernent également les questions de la « démocratie en ligne » et du « gouvernement en ligne » abordés par la politique de l'Inforoute du gouvernement du Québec. Communautique a pris position par rapport à ces deux thèmes afin d'éclairer le milieu communautaire sur la nature des enjeux impliqués et pour faire entendre la parole du milieu communautaire auprès du gouvernement. Animant un Comité d'analyse du Rapport Gautrin sur le gouvernement en ligne, Communautique a organisé en octobre 2004, une Journée de réflexion sur le gouvernement en ligne28 et, en avril 2005, une Journée de réflexion sur la démocratie en ligne29. À la suite de la Journée d'octobre 2004, ce comité est devenu le Comité d'étude sur la démocratie en ligne (CÉDEL).

Au cours de ces rencontres, Communautique et les groupes communautaires présents ont pu transmettre leurs inquiétudes au gouvernement, et notamment au député M. Henri-François Gautrin30. En effet, les participants ont souligné que les perceptions populaires actuelles ayant trait aux structures démocratiques et la vie politique au Québec et au Canada ne garantissaient pas un contexte favorable à l'établissement d'une « démocratie en ligne », indépendamment de la définition que l'on peut donner à cette notion. Ainsi, la crise de confiance envers les structures démocratiques en appelle à l'élaboration d'un modèle de démocratie davantage participative et inclusive. La question de la « démocratie en ligne » renvoie aussi à celle de l'accès à Internet pour tous, un autre problème de base déjà souligné lors de la seconde tournée pour la Plateforme québécoise de l'Internet citoyen. Encore une fois, lors de cette journée, Communautique a permis à plusieurs groupes communautaires de se mettre à l'avant-scène et d'exprimer précisément leurs attentes face au gouvernement.

Rappelons enfin les préoccupations de Communautique concernant l'accessibilité aux TIC par les personnes handicapées, notamment sa collaboration avec l'organisme W3 Québec. En effet, pour mettre en place une vraie « démocratie en ligne », toutes les personnes, y compris celles présentant des handicaps, doivent pouvoir accéder aux contenus proposés par le gouvernement sur Internet.

Les revendications pour un Internet citoyen renvoient en fin de compte à la nécessité que des décisions politiques soient prises et orientées vers le développement social à long terme :

Il devient impérieux de doter [toutes] les populations des compétences nécessaires à l'utilisation des technologies qu'on tente de mettre à leur disposition. À cet effet, un ensemble d'actions, de politiques ainsi que des mesures diversifiées et spécifiques doivent être mises en place et s'adresser autant à l'ensemble de la population qu'aux personnes les moins nanties qui risquent davantage d'être exclues, afin de leur permettre un accès véritable et efficace aux TIC31.

3.3 Représentation publique

Les champs d'action de Communautique touchent autant les interventions pratiques sur le terrain que les actions de représentation publique sur la scène politique. Ces interventions reposent le plus souvent sur des analyses et des réflexions. Nous proposons ici une description succincte des actions de représentation publique menées par Communautique32. Ces actions peuvent prendre la forme soit de participation ou de communication à des colloques ou à des rencontres, soit de publications spécifiques de documents ou mémoires, soit d'apparitions dans les médias. Nous insisterons ici particulièrement sur certains mémoires qui ont constitué des jalons significatifs dans le développement idéologique de l'organisme. Ces mémoires constituent des outils de revendication précieux qui soutiennent les actions de représentation publique de Communautique.

3.3.1 Le mémoire de 1996 sur l'Inforoute québécoise

Le mémoire intitulé L'Inforoute québécoise : un espace de création, de liberté et de partage, déposé en septembre 1996 par l'ICÉA à la Commission de la Culture sur les Enjeux du développement de l'Inforoute québécoise a été un outil important dans le développement du projet Communautique33. Ce document reflète les valeurs fondatrices du groupe. Les deux auteures, Francine Pelletier et Lina Trudel, sont alors respectivement coordonnatrice de Communautique et représentante de l'ICÉA au Comité de gestion. Ce mémoire a été utile pour la reconnaissance du milieu communautaire dans le cadre de la future politique québécoise de l'Inforoute. Revenons sur les principaux points abordés dans ce document ainsi que sur les recommandations qui y sont formulées.

Tout d'abord, l'enjeu central à considérer pour le développement d'Internet au Québec concerne l'accès aux TIC et à la société du savoir pour tous. La question de l'accès pour tous « porte cependant une triple injonction: en plus d'assurer l'accès aux équipements, il importe aussi de garantir l'accès aux services non seulement à titre de consommateur mais aussi à titre de producteur et de diffuseur de contenus34». L'information circulant sur Internet doit être considérée comme un bien public, elle doit donc résister à la privatisation et être accessible à tous. Les auteures avancent que les services de base, dont devraient disposer tous les citoyens du Québec, permettraient à la fois de communiquer et d'accéder à un grand nombre de contenus publics (bibliothèques virtuelles, banques de données, informations gouvernementales) et de services publics (éducation, formation, information)35. À cet égard, le développement de points d'accès publics à Internet apparaît comme une façon efficace de prendre en compte les personnes qui ne peuvent se munir d'un équipement informatique.

Le deuxième enjeu concerne le potentiel d'Internet pour stimuler la vie démocratique ou, à l'opposé, les possibilités que l'État en fasse un outil de surveillance des citoyens. Cette problématique touche en outre les autres médias, de la presse écrite à la télévision. Alors qu'Internet n'est pas encore régi par des lois, de nombreux acteurs exigent que la vie privée y soit respectée et que la confidentialité y soit garantie. Au Québec, cette question est sensible au moment où l'État songe à développer un réseau de santé télématique où un projet de loi (Loi 36) permettrait au Contrôleur des finances d'accéder aux banques de données des organismes publics, donnant ainsi l'accès à des informations personnelles. Le mémoire en appelle à un véritable débat de société sur la question du respect de la vie privée sur Internet. Ce débat pourrait d'ailleurs se poursuivre sur un forum public de discussion. Concernant la stimulation de la vie démocratique, le mémoire demande une implication du gouvernement pour stimuler et financer des projets novateurs allant dans ce sens36.

L'éducation de la population est un troisième enjeu important pour le développement de l'Inforoute québécoise. Même si apprendre à utiliser des logiciels constitue une base pour se servir d'Internet, le plus important est de donner à tous, les outils nécessaires pour être capable d'y naviguer et d'y sélectionner l'information pertinente. Internet constitue en effet un média interactif qui peut devenir utile et répondre à des besoins, à condition que l'utilisateur soit capable de faire les bons choix pour ses recherches. Cette capacité de bien choisir passe par une éducation critique aux médias pour tous, et le développement de programmes de formation continue. Le mémoire demande donc que l'État contribue à « la création d'un réseau intégré de formation à distance multimédia et inter-ordre d'enseignement » mais aussi qu'il soutienne le regroupement des universités québécoises et donc, la création de « groupes de recherche multidisciplinaires afin de développer de nouveaux outils et des stratégies pédagogiques adaptées aux nouvelles technologies, ainsi que de créer de nouveaux produits et usages tant dans les domaines de la santé, du travail, des communications et de la vie associative37».

Le dernier enjeu énoncé dans ce mémoire pointe vers l'urgence que la population du Québec s'approprie réellement le Web en produisant et rendant disponibles des contenus francophones de qualité. L'implication des milieux culturels, médiatiques, éducatifs et scientifiques est donc nécessaire pour développer des sites complets et attrayants. L'Inforoute doit également servir d'espace de réflexion aux divers groupes de la société civile (communautés locales et régionales). Les technologies de réseau constitueraient ainsi une alternative aux médias traditionnels. L'État est appelé à soutenir les diverses initiatives d'appropriation de l'Inforoute par la population québécoise, pour que la culture et l'identité québécoise puissent trouver leur place sur Internet.

Le mémoire demande enfin que l'État définisse une politique de l'Inforoute respectant les valeurs d'égalité et de démocratie, que cette politique s'inscrive dans une perspective plus large de développement social au Québec. L'État et le secteur public doivent se charger du déploiement de l'Inforoute, tout en favorisant les initiatives des secteurs privé, communautaire et de l'économie sociale.

Nous avons choisi de présenter de manière plus détaillée ce mémoire de 1996 car il résume bien les principes directeurs de Communautique et constitue une base encore actuelle pour les actions du groupe. Afin de ne pas surcharger la lecture du présent rapport, nous ne reviendrons pas en détail sur les autres mémoires présentés par l'organisme38.

3.3.2 Autres actions de représentation

Le site web de Communautique a vu le jour en 1997. Il est considéré comme un outil de communication et de soutien aux divers volets d'activités de l'organisme. Le site se veut à la fois utilisable ergonomiquement et simple graphiquement, pour ne pas pénaliser l'accès via des ordinateurs moins performants. Ce site est un outil d'information sur les activités de Communautique mais, surtout, il entre dans la stratégie de rayonnement de l'organisme, permettant de diffuser les publications et le matériel de promotion, et d'annoncer les événements auxquels prend part Communautique39.

En 1998, dans le cadre de l'élaboration de la Politique québécoise de l'autoroute de l'information, Communautique a produit une analyse critique de cette politique. Celle-ci fut signée par de nombreux groupes communautaires et des centrales syndicales au terme de plusieurs concertations. En juillet 1998, Communautique a publié une libre opinion dans le journal Le Devoir. À la même période, Communautique a organisé un forum de discussion sur Internet permettant à plusieurs observateurs gouvernementaux d'y suivre les débats. Par la suite, une rencontre a été fixée entre plusieurs cadres du gouvernement, Communautique et les signataires de l'analyse produite par le groupe. Cette rencontre a permis de considérer, au sein de la politique québécoise de l'autoroute de l'information, le rôle que jouent les groupes communautaires dans la diffusion d'Internet dans la société. Bien qu'aucune décision n'ait été prise immédiatement, les groupes ont mis de l'avant l'importance des activités d'initiation de la population.

En décembre 1999, lors d'une autre rencontre, le nouveau ministre de l'Autoroute de l'information, M. David Cliche, a été sensibilisé aux divers enjeux liés à l'accès universel aux technologies de l'information et des communications. De même, dans le cadre de l'événement intitulé « Où mènent les TIC : rêve ou réalité? » (2000)40, cinq rencontres ont été organisées avec 11 partenaires du milieu communautaire pour définir des objectifs et un projet commun. Un processus en cinq phases a été planifié, consistant en rencontres avec divers acteurs communautaires dans les régions, aboutissant à la tenue d'un forum national.

Le projet « Forum-rencontres41» (1999-2000) a permis à Communautique, par sa participation à de nombreux comités, de rassembler les expériences d'appropriation sociale des TIC au sein de nombreux groupes communautaires, puis de réaliser les Journées « Où mènent les TIC ? ». Ce projet avait comme objectif de sensibiliser les mouvements sociaux, les chercheurs et chercheuses, les citoyens et citoyennes quant aux opportunités et aux risques sociaux que posent les TIC. Du point de vue des partenaires, ce projet a contribué à dégager des points de divergence et de convergence en matière de visions relativement à la maîtrise sociale et démocratique des TIC, dans une perspective de lutte contre les inégalités et l'exclusion sociale. Les partenaires ont également convenu de promouvoir une participation active des mouvements sociaux et militants dans la réalisation de chacune des phases de la démarche des forums. Enfin, des réflexions ont été faites, portant sur le rôle de l'État et les attentes du milieu communautaire face aux gouvernements locaux, régionaux, provincial et fédéral. Communautique a profité de cette expérience pour amorcer une réflexion sur son propre fonctionnement, notamment sur les enjeux liés à l'implantation des TIC tant aux niveaux local que régional et québécois.

Chaque année depuis 2000, Communautique se fixe divers objectifs liés à son rayonnement et sa visibilité sur la scène publique. Ces objectifs renvoient à des activités de représentation, que ce soit des participations à des comités, des rencontres avec les groupes communautaires, des publications dans la presse écrite, ou encore dans des journaux spécialisés. Communautique produit également du matériel de promotion, participe à des événements directement liés à sa mission, et rencontre des représentants d'organismes œuvrant dans des secteurs d'intervention reliés aux TIC.

En 2000-2001, l'organisme a présenté un mémoire sur la Politique de reconnaissance de l'action communautaire22 href="a-propos/monographie/champs-activites.html#note42">42 et a participé à une consultation d'organismes nationaux au sujet de cette même politique. À cet égard, un avis sur la place des TIC en économie sociale et sur son financement a été déposé par le groupe. Du point de vue des communications publiques et scientifiques à des colloques, Communautique a donné des présentations dans le cadre du Collectif Interdisciplinaire de recherche sur les aspects sociaux d'Internet (CIRASI, 2001), du Forum sur les communications du Sommet des peuples, et du Congrès des bibliothécaires du Québec. Communautique a également été présent au sein des événements suivants :

D'autres rencontres ont été organisées avec des organisations canadiennes et internationales :

Communautique participe directement au fonctionnement d'autres initiatives d'intégration des TIC au Québec. Entre autres, le groupe fait partie du projet « Forum – rencontres » en tant qu'aviseur, il siège au conseil d'administration et à l'exécutif du Carrefour mondial de l'Internet citoyen, ainsi que sur certains autres comités de consultation, comme celui d'Industrie Canada pour le programme VolNet. Enfin, en termes de rayonnement dans les médias, des membres de Communautique ont accordé des entrevues à la radio communautaire CIBL de Montréal, à la radio de Radio-Canada à Québec, ainsi qu'à la radio communautaire de Québec.

En 2001-2002, certaines rencontres furent reconduites dans la continuité de 2000-2001, auxquelles se sont ajoutées les rencontres du Comité de travail « nouvelles technologies et éducation des adultes » de l'ICÉA. Communautique participe aussi à la production des outils visuels pour le projet « Une communauté branchée », outils réalisés pour IBM Canada et présentés dans le cadre du « Symposium Montréal 201743». On peut ajouter la participation et l'organisation de la Journée d'innovation sociale de la Semaine des Affaires Électroniques réalisée à l'automne 2002. Communautique faisant également partie du jury chargé d'évaluer les innovations présentées au cours de cette journée. Mentionnons que l'initiative de la Journée d'innovation sociale a été reconduite au cours des années suivantes.

En 2002-2003, Communautique a fait partie du IIIe Congrès mondial des réseaux citoyens de l'ère numérique (Global CN 2002), en prenant part aux ateliers de formation et de jumelage Le monde communautaire et Internet, tout un monde d'innovations!, en participant à une table de documentation et d'information, en rencontrant et en s'entretenant avec d'autres participants pour un projet de recueil de récits d'expériences avec les TIC à l'échelle internationale. C'est en 2002 que s'amorce le projet de « Plateforme québécoise de l'Internet citoyen », pour lequel Communautique organise de nombreuses tournées de consultation auprès des groupes communautaires à travers le Québec, afin de développer « un outil qui vise à contribuer au développement d'un autre Internet, renforçant l'exercice de la citoyenneté par l'inclusion de toutes et tous44». Le projet de Plateforme doit également servir à la reconnaissance de l'ensemble du milieu communautaire.

Mentionnons la participation de Communautique au Symposium 2003 d'InterDoc45, ainsi qu'à une formation sur l'empowerment offerte par le Centre de documentation sur l'éducation des adultes et la condition féminine (CDÉACF). Communautique développe également son expertise de consultant en réalisant un portrait du secteur en émergence « TIC et économie sociale » pour le Comité sectoriel de la main d'œuvre – économie sociale et action communautaire (CSMO-ESAC46). Enfin, au niveau des médias, la Radio Centre-Ville de Montréal a diffusé une entrevue avec des membres de Communautique en août 2003. En 2003-2004, Communautique a organisé une deuxième tournée de consultations pour le projet de Plateforme de l'Internet citoyen, sollicitant de nouveau son réseau de partenaires communautaires, oeuvrant dans plusieurs régions du Québec.

En octobre 2003, dans le cadre du travail du Comité « Nouvelles technologies et éducation des adultes », l'ICÉA dépose un document intitulé L'éducation des adultes, pour construire une société de l'information démocratique auquel Communautique et les autres partenaires du comité de travail participent. Ce document décrit le positionnement de l'institut et de ses partenaires en vue du Sommet sur la société de l'information de Genève, en décembre 200347. Dans le cadre de la Semaine québécoise des adultes en formation organisée par l'ICÉA, Communautique a tenu une « Journée portes ouvertes » le 31 octobre 2003. Le groupe a présenté ses activités aux visiteurs, a offert des activités d'initiation à Internet, et a présenté une vidéo contenant des témoignages d'adultes en formation. La contribution du CDEC Centre-Nord pour l'aménagement des nouveaux locaux de Communautique a été soulignée au cours de cette journée.

Pendant la période 2003-2004, l'organisme a participé à la formation Citoyenneté et TIC offerte par le CDÉACF en février. En mars, Communautique a participé à une rencontre provinciale des CACI, ainsi qu'à une rencontre organisée par le Secrétariat à l'action communautaire autonome (SACA) du Québec regroupant le ministère de l'Éducation du Québec, Emploi Québec et Centraide, et orientée vers les besoins de formation des groupes communautaires. Cette rencontre a permis d'insister sur l'importance pour les groupes d'accéder à un financement de base. En avril 2004 à Montréal, dans le cadre de la deuxième journée de réflexion sur les enjeux des TIC en éducation des adultes, le Comité de travail « Nouvelles technologies et éducation des adultes » de l'ICÉA, dont fait partie Communautique, a présenté le projet « Formation à l'Inforoute citoyenne ». Ce projet a d'ailleurs fait l'objet d'une autre communication en juin 2004, dans le cadre du colloque du SITSAT de Montréal48. En mai, Communautique a participé à une rencontre organisée par de DÉC Canada, au cours de laquelle l'organisme a pu exposer sa vision sur l'apport des TIC pour le développement économique et communautaire.

Enfin, Communautique a participé au lancement du « Rapport sur le gouvernement en ligne, vers un Québec branché pour ses citoyens » préparé par le député Henri-François Gautrin. Ce rapport a été présenté au Parlement de Québec le 7 juin 2004. Communautique a alors mis sur pied un Comité d'analyse de ce rapport afin de veiller à ce que les groupes communautaires et tous les citoyens y soient représentés. Le Comité d'analyse a organisé une Journée de réflexion sur le gouvernement en ligne le 14 octobre 2004, qui regroupait de nombreux représentants du mouvement communautaire ainsi que d'autres acteurs (le député Gautrin, des journalistes, des chercheurs). Le Comité d'analyse du rapport Gautrin s'est alors élargi, après une invitation des personnes présentes lors de cette journée à former le Comité d'études sur la démocratie en ligne (CÉDEL).

3.3.3 Conclusion

Nous avons présenté, de façon non exhaustive, les principales activités de représentation publique de Communautique entre 1996 et 2005. Celles-ci s'intègrent au troisième axe de travail de l'organisme, à savoir « l'outillage par l'animation et la concertation du milieu communautaire ». À cet égard, l'animation et la concertation des groupes ont permis d'influencer, dans une certaine mesure, les politiques. En effet, depuis les débuts de son existence, Communautique a mené des activités de représentation, alors que le mouvement communautaire devait prendre sa place dans les politiques d'accès à Internet au Québec. Rappelons que Communautique était le seul projet ayant un lien avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication à être présenté durant le Sommet sur l'économie et l'emploi de 1996.

La représentation publique est vitale pour un groupe comme Communautique dont la mission n'est pas de servir directement la population, mais plutôt de développer des stratégies d'implantation des nouvelles technologies au sein des groupes communautaires qui, quant à eux, agissent directement auprès de populations potentiellement exclues. Ainsi, Communautique doit choisir ses projets en fonction de leur propension à valoriser et aider le milieu communautaire au niveau de leur accès aux technologies, mais aussi en fonction des possibilités que ces projets offrent en matière de collaboration avec d'autres groupes. Par exemple, la participation à un projet comme le Canadian Research Alliance for Community Innovations and Networkin (CRACIN49) est intéressante de ce point de vue, permettant simultanément un rapprochement avec des partenaires communautaires venant de partout au Canada de même qu'avec des membres du milieu académique et offrant un contact direct avec des représentants gouvernementaux.

3.4 Réseautage et support technique

Le réseautage technique est une activité importante pour Communautique. C'est l'un de ses axes de développement. L'organisme a ainsi contribué au déploiement de nombreux points d'accès publics à Internet pour la région de Montréal et dans de nombreuses régions du Québec, établissant par le fait même des partenariats avec un grand nombre de groupes communautaires. Communautique a également contribué au développement de plusieurs CACI au Québec. En outre, l'organisme s'implique fortement dans le support technique des groupes.

3.4.1 Les points d'accès

Les activités de réseautage technique de Communautique renvoient directement à la création de points d'accès publics à Internet, au sein des groupes communautaires. Les principaux projets menés par Communautique à ce niveau ont été VolNet, PAC et « Inforoute – points d'accès ». Le développement de points d'accès correspond directement à l'une des missions de base de Communautique, laquelle veille à ce que les groupes communautaires soient bien équipés en TIC et qu'ils sachent utiliser ces outils. Le développement de points d'accès est complémentaire de l'action qui fut menée par le gouvernement du Québec en l'an 2000 via le programme « Brancher les familles ». Ce programme avait permis à quelques centaines de milliers de familles d'accéder à de l'équipement informatique.

Le développement des premiers points d'accès a démarré en parallèle avec la première étude de besoins (1996-1997), dont les résultats montraient les lacunes en matière d'équipements informatiques dans le milieu communautaire québécois. Souvent, le réseautage technique a été accompagné de sessions de formation offertes par l'organisme directement auprès des groupes détenant un point d'accès. La mise sur pied des premiers points d'accès par Communautique fut l'occasion d'expériences pilotes et exploratoires visant à équiper des centres communautaires aussi bien qu'à analyser les problèmes d'appropriation pouvant surgir dans la pratique. Le développement de points d'accès au Café Communautique et au Centre St-Pierre a fait partie de ces expériences.

Dès 1997, Communautique a offert son soutien à deux groupes communautaires montréalais : le Centre de lecture et d'écriture (CLÉ) œuvrant dans le secteur de l'alphabétisation et le Comité logement du Plateau Mont-Royal travaillant à la défense des droits des locataires. L'action de Communautique a consisté à mettre en place un point d'accès dans chacun des groupes. Entre 1997 et 1999, Communautique a offert des activités d'animation dans ces deux groupes qui ont attiré près de 150 personnes.

À compter de 1999, Communautique participe à deux projets d'envergure visant la création des points d'accès publics à Internet : « VolNet », financé dans le cadre d'un programme d'Industrie Canada et « Inforoutes, points d'accès » financé par le Fonds de lutte contre la pauvreté du gouvernement du Québec.

« VolNet »

Le projet « VolNet » est l'un des premiers projets réalisé par Communautique visant l'équipement de groupes communautaires. « VolNet » est un programme fédéral administré par Industrie Canada et qui fait partie de la stratégie Un Canada branché du gouvernement canadien visant à faire du Canada le pays le plus branché au monde. Il s'agit du premier financement fédéral de Communautique.

Plus spécifiquement, ce programme vise à améliorer l'accès des organismes bénévoles aux technologies de l'information ainsi qu'aux compétences et aux outils nécessaires à la maîtrise de ces technologies afin de les aider à jouer un plus grand rôle dans la société canadienne. « VolNet » a pour but d'offrir à des milliers d'organismes bénévoles et communautaires des services de branchement, du matériel informatique et un apprentissage à Internet. Communautique a été impliqué dans ce projet entre 1999 et 2001, au sein d'un consortium regroupant aussi les groupes Économie communautaire de Francheville (ECOF) et Atena, qui se sont nommés plus tard les « communautés branchées ».

En 1999, Communautique a joué un rôle important dans la réalisation du programme « VolNet » au Québec, veillant au branchement, à l'équipement et à la formation de 200 OSBL en Outaouais, en Abitibi-Témiscamingue, en Mauricie et au Bas-St-Laurent-Gaspésie. Il y a eu 19 sessions dans 11 villes et 92 organismes y ont participé50. Communautique a renouvelé sa mission en 2000-2001 permettant à nouveau la formation de 200 groupes en Mauricie, au Bas St-Laurent, en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine et dans une partie de la région Chaudière-Appalaches, en Abiti-Témiscamingue, puis en Outaouais51. En appui aux formations offertes, Communautique a produit des documents, développé des sections de site web et organisé des forums de discussion.

Grâce au programme « VolNet », sur une période de trois ans, Communautique et ses partenaires ont contribué à équiper et former près de 600 groupes au Québec. C'est donc plus de 11 000 OSBL à travers le Canada qui ont pu accéder à Internet et acquérir des compétences dans le domaine des TIC, leur permettant ainsi d'améliorer la portée de leur action 52.

« Inforoute – points d'accès, initiation à la population »

Le projet Inforoute – points d'accès, initiation à la population voit le jour au début de l'année 2000, soutenu par le Fonds de lutte contre la pauvreté par la réinsertion au travail, appuyé par le Fonds de Jeunesse Québec et réalisé en partenariat avec plu­sieurs organismes à travers le Québec. Communautique propose aux groupes communautaires et aux citoyens de participer au développement de l'utilisation des TIC au Québec. La mission du projet était l'implantation de points d'accès au niveau régional afin de diversifier les lieux d'accès à l'Inforoute, d'assurer un transfert d'expertise en formation d'animation et de produire du matériel de formation. Il s'agissait également de développer des collaborations et partenariats afin d'accroître les points d'ancrage de Communautique dans les régions, et ainsi éventuellement initier et familiariser les citoyens et citoyennes à l'usage des technologies.

Le projet Inforoute constituait un « vaste chantier d'initiation – sensibilisation - familiarisation aux nouvelles technologies et d'implantation de points d'accès au sein de lieux et de groupes que les citoyens et citoyennes fréquentent déjà de façon quotidienne53». La mise en pratique du projet repose sur une formule inédite, permettant la pénétration progressive des technologies dans la population via les groupes communautaires partenaires du projet :

La formule est originale : 98 points d'accès constitués d'au moins un ordinateur installé dans un groupe communautaire, où l'on propose des activités d'initiation. Pour ce faire, 12 équipes de trois animatrices et animateurs ou plus visitent les groupes de leur région ou arrondissement cinq fois par semaine et offrent des périodes d'initiation aux gens qui fréquentent l'organisme ainsi qu'à la population en général54.

Ce projet a permis de créer près de 100 points d'accès publics à Internet au sein de nombreux groupes communautaires à Québec, Gatineau, Ville Saguenay, Sherbrooke, Magog, Lennoxville, East Angus, Trois-Rivières, Amos, Landrienne, Rimouski, Mont-Joli, Longueuil, ainsi que dans plusieurs arrondissements de Montréal (Centre-Sud ; Plateau Mont-Royal ; Mercier – Hochelaga-Maisonneuve ; Sud-Ouest ; Rosemont – Petite-Patrie)55. Tous ces points d'accès sont constitués d'au moins un ordinateur connecté à Internet dans chacun de ces groupes communautaires. De plus, des activités d'initiation y ont été proposées cinq fois par semaine, animées par douze équipes composées d'au moins trois animateurs et animatrices56.

À travers ce projet, des activités d'analyse, de veille, de liaison et d'animation du milieu ont été menées par Communautique. Ainsi, les trois axes de travail du groupe furent sollicités : l'outillage par la formation aux TIC et par la multiplication de points d'accès; l'outillage par l'animation et la concertation du milieu communautaire; puis la recherche, l'expérimentation et l'innovation.

Communautique a joué un rôle majeur dans ce projet, s'occupant notamment de :

Ainsi, par exemple, un point d'accès peut être lancé dans un centre d'alphabétisation, occasionnant la formation des intervenants du centre, mais aussi de plusieurs participants. Plus précisément, une dizaine de participants peuvent être ainsi formés à l'utilisation d'Internet, le point d'accès étant animé une fois par deux semaines et un soutien étant offert par Communautique aux animateurs et animatrices du centre. Entre 1998 et 2003, le projet «Inforoute, points d'accès –Initiation de la population» a permis d'offrir plus de 5000 ateliers de ce genre, que ce soit directement par Communautique ou par l'intermédiaire d'animateurs formés par l'organisme, permettant d'initier aux nouvelles technologies quelques 30 000 personnes potentiellement exclues.

Au niveau de l'outillage, une trousse pédagogique fut remise à tous les formateurs intervenant dans les points d'accès. Les formateurs étaient également encouragés à partager leurs impressions afin d'améliorer le contenu de la trousse. Cette trousse a constitué un outil non négligeable pour assurer le bon fonctionnement des groupes voulant recevoir et entretenir un point d'accès.

Enfin, grâce à ce projet, 95 animateurs et animatrices ont été formés et ont pu intégrer le marché du travail. Ils ont reçu une formation assez complète afin d'assurer l'animation de points d'accès Internet, de même que la promotion et l'organisation d'ateliers d'initiation. Ils maîtrisent désormais des stratégies d'apprentissage adaptées, provenant de la pédagogie en éducation populaire. Ils connaissent les principaux enjeux de la confidentialité et de la sécurité sur Internet, la bureautique de base, l'entretien et le diagnostic, la construction de pages web. Ils ont acquis des compétences pour l'entretien du support technique, à savoir le diagnostic et la résolution de problèmes. Communautique leur a également présenté un portrait du milieu communautaire.

À travers ce projet, Communautique a établi 12 partenariats régionaux dans 9 régions du Québec; 98 points d'accès ont été développés. Un total impressionnant de 51 753 personnes ont été initiées aux technologies de l'information et de la communication à l'échelle du Québec57.

3.4.2 Les centres d'accès communautaires à Internet (CACI)

Plusieurs projets et formations menés par Communautique étaient liés au développement des points d'accès à Internet, qu'il s'agisse du projet Inforoute, points d'accès – Initiation de la population que l'on vient de décrire ou de celui des CACI59. En 1999, à travers le projet Réseau Communautique – PAC, 16 CACI  sont mis en place au Québec. Ces CACI ont pour objectif de rendre Internet accessible aux plus démunis, dans une perspective de développement collectif sur les plans économique et social. Concrètement, un CACI est une salle composée de plusieurs ordinateurs branchés à Internet, permettant d'offrir des formations à un groupe d'individus.

En 2001-2002, dans la continuité du réseau des 16 CACI59 déjà créés, quatre animateurs sont embauchés, constituant une équipe volante d'animation. Grâce au projet « Jeunes en soutien à l'appropriation des TIC » (Fonds Jeunesse Québec), Communautique a pu offrir à ces jeunes une expérience de travail dans le contexte du projet Inforoute – points d'accès – Initiation de la population, qui cadrait bien avec l'objectif de favoriser l'appropriation des TIC aux populations potentiellement exclues. Le programme Initiative Jeunesse du PAC a permis de continuer sur cette lancée. En 2003-2004, Communautique assuré la gestion du financement de 74 CACI dans des groupes communautaires de différentes régions, dans le cadre d'une entente de financement du PAC.

L'année 2004-2005 devait quant à elle voir l'embauche de 45 animateurs du milieu. De plus, quatre jeunes diplômés seront amenés à coordonner le projet, à en assurer l'encadrement et l'administration. Le rôle des jeunes embauchés par le biais de ces projets fut d'offrir des formations aux citoyens clients des CACI, de maintenir le site web de l'organisme ou encore, de fournir du soutien technique dans les CACI. Outre la formation aux TIC, ces jeunes pourront travailler dans plusieurs CACI et ainsi développer un réseau de contacts pertinents60.

3.4.3 Regroupement sectoriel des organismes spécialisés en TIC

Le projet de « Regroupement sectoriel pour les organismes spécialisés en TIC » est une autre initiative de réseautage à laquelle participe Communautique. Ce projet a consisté à rassembler les organismes et associations en économie sociale et du milieu communautaire qui  travaillent pour l'appropriation sociale et démocratique des TIC.

Une étude de faisabilité a permis d'évaluer, par la consultation, le potentiel d'un regroupement sectoriel des organismes perçu par certains groupes communautaires comme un pas en avant vers une meilleure diffusion et une démocratisation des TIC au Québec. Plus précisément, cette étude a permis :

  1. de vérifier la pertinence d'un tel regroupement;
  2. de produire un rapport sur les conditions de faisabilité (conditions gagnantes);
  3. de définir les caractéristiques de cet éventuel réseau selon les besoins des groupes;
  4. de concevoir un plan d'action convenant à tous.

Ce plan d'action a été déposé en mars 2003, décrivant les besoins, les coûts engendrés, et un échéancier.

Les consultations ont montré que ce regroupement représentait une valeur ajoutée, permettant à chaque organisme membre d'être reconnu dans son domaine. Stratégiquement parlant, un tel réseau confèrerait aux membres un pouvoir accru de négociation sur la scène politique. Le regroupement sectoriel constitue donc un terrain pertinent de discussion; il offre également la possibilité de construire un pont entre le milieu communautaire et celui de l'économie sociale.

3.4.4 Support technique

Deux projets récents de Communautique sont orientés vers l'amélioration du support technique fourni aux groupes communautaires.

Le projet Réseau de formation et de soutien technique en gestion de l'information et technologies de l'information (GI-TI) « s'inscrit dans le cadre de l'Initiative sur le secteur bénévole et communautaire (ISBC), opération conjointe du gouvernement fédéral et du secteur bénévole et communautaire qui vise à accroître la capacité de ce secteur de servir les Canadiens tout en améliorant ses liens avec le gouvernement du Canada61». Ultimement, ce projet a pour but de créer un système pancanadien de support technique en TIC. C'est en 2003-2004 que Communautique amorce sa collaboration au projet GI-TI, avec pour objectif de consolider l'action du secteur bénévole et communautaire grâce à un meilleur accès aux TIC. Il s'agit concrètement de guider les organismes vers des ressources à prix abordable (fournisseurs d'accès Internet, support technique), le réseau fournissant également aux organismes des informations sur l'utilisation des TIC62. Au Québec, le réseau est mis en œuvre par Communautique et ses partenaires : La Puce RI, ÉCOF, le Centre St-Pierre et Atena groupe conseil. Pour l'instant, une ligne téléphonique de soutien technique a été mise en service sur l'ensemble du Canada, et un site web a été constitué, référençant des fournisseurs d'accès à Internet ainsi que des ressources en soutien technique. L'étude de besoins réalisée par Communautique en 2004, portant sur les besoins des groupes en formation et en soutien technique, a également été financée par l'ISBC.

En 2004, en parallèle avec le projet en GI-TI, Communautique participe à un regroupement d'organismes communautaires ayant pour but de développer l'accessibilité au soutien technique et le développement de solutions informatiques adaptées aux groupes, à travers le développement de Centres d'innovations technologiques en économie sociale (CITÉS). Les CITÉS sont vus comme un moyen de soutenir l'intégration des nouvelles technologies par le secteur de l'économie sociale. Ce projet cadre bien avec les activités de veille réalisées par Communautique. Il est rédigé en fonction d'une analyse des politiques de soutien à l'économie sociale. Communautique n'est pas pour autant une entreprise d'économie sociale et s'inquiète que les budgets alloués à ces entreprises, que le gouvernement tend à favoriser pour leur rentabilité économique, ne soient retirés aux budgets prévus pour le milieu communautaire.

Plus précisément, cinq CITÉS devraient être mis en place à Montréal, Québec, Rimouski, Trois-Rivières et Gatineau. Ces CITÉS sont implantés directement dans des groupes communautaires, avec pour objectifs d'y offrir des solutions technologiques adaptées à leur structure et à leur contexte de développement ; d'encourager le développement d'une expertise technique dans le milieu ; de rendre disponibles des ressources en soutien technique et en formation accessibles aux groupes. Les CITÉS sont aussi axés vers la recherche et développement et le développement de contenus francophones. En bout de ligne, ils devraient permettre de créer plusieurs emplois63. Bref, ils doivent supporter le développement stratégique et organisationnel des groupes qui les accueillent, et, plus largement, celui des collectivités locales et des régions.

Le support technique est un service qui est fort demandé par les groupes communautaires, comme le montrait déjà l'étude de besoins menée par Communautique en 1999-2000. L'amélioration du support technique participe au renforcement des capacités des groupes communautaires (empowerment), tant sur les plans « humains, scientifiques, techniques, administratifs, institutionnels et financiers64». Les groupes sont alors mieux outillés pour faire face aux éventuels problèmes se présentant à eux.

Table des matières
2. Mode d'organisation et de fonctionnement | 4. Conclusion

Notes

1 Communautique, « Formation adaptée », Communautique – Centre de formation. 2005. [Consulté en janvier 2005].

2 Regroupement économique du Sud-Ouest

3 Communautique : Synthèse des activités réalisées de janvier 1997 à mars 1999, mars 1999, p. 6.

4 Nous donnons plus de détails sur ce projet à la section 3.4.1.

5 Communautique, « Projet Inforoute - Points d'accès – Initiation de la population : Dossier d'information », Communautique. 2005. [Consulté en mars 2005].

6 Plus précisément, Gérald Bourbeau et Pierre Jacob, qui faisaient partie de Télé-Québec et du groupe de travail sur les communications de l'ICÉA, ont impliqué le service de la recherche et de la planification de Télé-Québec au début du projet Communautique.

7 Communautique, « Le monde communautaire et Internet: défis, obstacles et espoirs - Résultats de l'enquête auprès des groupes communautaires », Communautique - Rapport d'enquête. Mai 2001. [Consulté en mars 2005].

8 Francine Pelletier, « Le monde communautaire et Internet : des défis à relever... aux moyens d'y répondre », Colloque Où mènent les TIC : Rêves ou réalité, organisé par l'ICÉA et 13 partenaires, Montréal, 30 nov. - 1er déc. 2000.

9 Id

10 Id

11 Voir plus loin, dans ce rapport, la section « Représentation publique » (section 3.3).

12 Roger Charbonneau et Élisabeth Caron, « Enquête sur les besoins en formation et soutien technique des organismes communautaires et bénévoles au Québec », Communautique- Projet GI-TI 2004 (2004). [Consulté en avril 2005].

13 Le traitement de texte était déjà l'outil de plus utilisé par les groupes selon les résultats de l'enquête de 1999-2000.

14 Ces formations ne sont pas nécessairement offertes par Communautique.

15 Du moins, ils n'y ont pas recours, la majorité des groupes ayant utilisé les services de formation en bureautique ont déclaré que l'accès est soit « facile » ou soit « très facile ».

16 Les répondants devaient donner une note sur 10 à plusieurs rubriques (services de formation) en fonction de l'importance qu'ils lui accordaient dans leurs besoins.

17 Communautique, Rapport annuel 2003-2004.

18 Communautique. « Avant projet : vers une plateforme de l'Internet citoyen! », Communautique. février 2002. [Consulté en février 2005].

19 Le bulletin Comm'Info (printemps 2002) permet de suivre le processus de discussion et de rédaction du projet.

20 Céline Desjardins, Recherche préliminaire pour la formation à l'Inforoute citoyenne, rapport de recherche préparé pour Communautique, octobre 2004.

21 Serge Proulx, 2004. La révolution Internet en question. (Montréal : Québec-Amérique), 144 p.

22 Communautique, « Plateforme québécoise de l'Internet citoyen », Communautique. 2002. [Consulté en février 2005].

23 Communautique, rapport annuel 2003-2004, p. 29

24 Céline Desjardins, Recherche préliminaire pour la formation à l'Inforoute citoyenne, rapport de recherche préparé pour Communautique, Montréal, octobre 2004.

25 Id

26 Id

27 Espace-associatif.org

28 Journée de réflexion sur les enjeux du projet de gouvernement en ligne pour les milieux communautaires et les populations défavorisées.

29 Cette Journée de réflexion sur la démocratie en ligne s'est tenue le 28 Avril 2005 au Centre Saint-Pierre à Montréal. Les verbatims des conférences tenues pendant la journée sont disponibles à cette adresse :

30 Député de Verdun, et ministre délégué au gouvernement en ligne.

31 Céline Desjardins, Recherche préliminaire pour la formation à l'Inforoute citoyenne, rapport de recherche, Communautique, Montréal, octobre 2004.

32 Nous complétons ici la description des actions amorcée à la rubrique « Rayonnement » (section 2.2.4).

33 Pelletier, Francine et Trudel, Lina, L'Inforoute québécoise : un espace de création, de liberté et de partage, Mémoire pour la Commission de la Culture sur les Enjeux du développement de l'Inforoute québécoise, ICÉA, 13 septembre 1996.

34 Id

35 Id

36 Id

37 Id

38 La plupart de ces mémoires sont accessibles via le site web de Communautique

39 Communautique, rapport annuel 2000-2001.

40 Rencontres forums « Où mènent les TIC : rêves ou réalités? Pour une maîtrise sociale et démocratique des Technologies de l'information et de la communication (TIC) », actes du colloque préparatoire, Montréal, 30 novembre et 1er décembre 2000. [Consulté en mars 2005].

41 Le projet réunissait les partenaires suivants : Économie communautaire de Francheville (ECOF), Atena, Carrefour de relance de l'économie et de l'emploi du Centre de Québec et de Vanier (CREECQ), Centre de formation populaire (CFP ), Collectif régional sur les médias d'information (CREMI), Centre sectoriel de main d'œuvre, économie sociale et communautaire (CSMO-ESAC ; www.csmoesac.qc.ca), Société d'aide au développement communautaire (SADC), Matawinie, Syndicat canadien de la fonction publique, Fédération des travailleurs du Québec (SCFP-FTQ), Centre St-Pierre, ICÉA, La Puce Communautaire, Communautique.

42 « L'action communautaire : un outil pour la démocratisation de l'Inforoute », Mémoire présenté à la Consultation publique sur la proposition de politique de reconnaissance et de soutien de l'action communautaire, Communautique, août 2000.

43 Symposium organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, quelques extraits sont disponibles à l'adresse suivante :

44 Communautique, rapport annuel 2003-2004.

45 Entreprise spécialisée en gestion de l'information dans les organisations. Le site web de l'entreprise est situé à l'adresse suivante :

46 Le site web du Comité sectoriel de la main d'œuvre – économie sociale et action communautaire est situé à l'adresse suivante :

47 ICÉA, Comité de travail nouvelles technologies et éducation des adultes : « L'éducation des adultes : pour construire une société de l'information démocratique », Positionnement de l'ICÉA sur le Sommet mondial sur la société de l'information, Genève du 10 au 12 décembre 2003. Document déposé à l'assemblée générale de l'ICÉA, le 1er octobre 2003.

48 Le SITSAT de Montréal est un site satellite du Service national du Récit, orienté vers la formation continue, dont le mandat est de mettre à la disposition des enseignants en informatique, une série de formations adaptées à leur clientèle.

49 Canadian Research Alliance for Community Innovations and Networking (Financement CRSH, 2003-2006).

50 ICÉA, « Bilan de ce qui a été fait en éducation des adultes et nouvelles technologies entre 1997 et 2003 », p.3.

51 Ibid., p.5

52 Hénaire, Geneviève, « Dernière chance pour le programme VolNet : Un soutien au branchement des organismes sans but lucratif », Communiqué, 22 novembre 2001.

53 Projet « Inforoute, points d'accès – Initiation de la population »

54 Le récit d'expérience de Communautique est situé sur le site « Espace-associatif » :

55 Id., 8.

56 ICÉA, « Bilan de ce qui a été fait en éducation des adultes et nouvelles technologies entre 1997 et 2003 », p.8

57 Tiré du texte intitulé : Projet de formation à l'inforoute citoyenne, 23 septembre 2003, annexe A.

58 Nous avons choisi de mentionner lu développement de CACI dans cette partie plutôt que dans la partie formation, car les CACI sont des laboratoires où se retrouvent plusieurs ordinateurs connectés à Internet. À cet égard, ils concourent au réseautage technique du milieu communautaire.

59 Trois CACI parmi les 16 étaient déjà des points d'accès à Internet.

60 Site web de Communautique

61 Description du projet GI-TI sur le site de l'ISBC :

62 L'enquête sur les besoins en formation et soutien technique des organismes communautaires et bénévoles au Québec réalisée en 2004 soulignait notamment la volonté des groupes d'avoir accès à un service de soutien technique par ligne téléphonique.

63 Communautique, « Projet CITES – document de réflexion à l'attention des partenaires du projet », 2005

64 Id.

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