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Conjuguer le présent |
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Constat J'ai hésité longtemps avant d'écrire dans le Journal. Je dois dire que je suis beaucoup plus douée pour la parole que pour l'écriture. Ce qui m'a souvent valu d'être prise pour une personne révoltée. Cela est regrettable car le sentiment qui est en moi ne ressemble en rien à de la révolte.
Je dirais que c'est une grande déception de faire le constat de la race à laquelle j'appartiens. Je croyais en l'homme, cet être intelligent et qui se distingue des animaux, mais à voir tout ce qui se passe autour de nous?
Bien sûr, je ne reviendrai pas sur tout ce qui s'est passé cette année mais je vais vous citer quelques faits. Un motard qui a commandé cinq meurtres, libéré? Un abuseur de femmes, libéré? Un juge qui fraude avec les trafiquants de drogues, ce n'est pas rien, 1,7 million et on l'envoie en congé avec solde depuis juin 1998. Pour lui donner une chance de prendre la meilleure décision qui serait à son avantage, c'est-à-dire démissionner, ce qui lui permet de recevoir sa pension.
Je dis bravo et je salue bien haut nos élus qui, au nom du déficit zéro, passent des lois qui sont toujours au détriment des plus démunis plutôt que de mettre de l'ordre dans la justice.
Et que dire de tout ce beau monde qui suit comme des petits « toutous » qui courent après un os et qui acceptent toutes les injustices. C'est désolant.
Vivre dans un monde aussi déboussolé! En ce qui me concerne, je préfère vivre modestement avec mes valeurs que dans la médiocrité avec des remords.
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Journalier de la construction Je vais vous parler du travail saisonnier de la construction, du tort du travail au noir.
Je suis un journalier de la construction, je vais m'exprimer bien comme mal. Ma frustration est bien légitime, car je suis en recherche d'emploi depuis maintenant quatre mois, je ne travaille pas.
Il y a des personnes qui n'ont pas de carte. Ils travaillent sous la table. Le fléau de la construction au Québec.
C'est dur d'avoir de l'ouvrage au Québec et du travail honnête dans la société d'aujourd'hui. C'est de plus en plus dur d'avoir un travail honnête et de gagner sa vie.
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Réveillez-vous et sentez la pauvreté! J'étais émue quand j'ai lu un article sur la pauvreté dans le journal. Le titre disait : « Réveillez-vous et sentez la pauvreté! » Je me rendais compte que la pauvreté est sérieusement autour de nous.
L'article disait : « On mange pauvreté, on dort pauvreté, on voit pauvreté, c'est pourquoi on sent l'odeur de la pauvreté. » Au Québec, selon les statistiques, la pauvreté touche 1,2 million de gens. Dernièrement les médias ont parlé beaucoup de la pauvreté des enfants. Cette réalité est douloureuse.
L'article continue : « Le Keynesian Economy* était au moins l'espoir pour un meilleur standard de vie, mais les hommes d'affaires ont aboli cette théorie qui était déjà en pratique. » L'article finit avec un paragraphe qui dit : « Une idée était proposée : que le premier ministre, les hommes d'affaires, par exemple, devraient vivre une semaine dans les ghettos du désespoir, comme les sans-abri, avec un montant de 37 dollars par semaine. » De tout ça nous pouvons constater que nous avons besoin de partager mieux les richesses de notre pays. * Keynesian Economy : idée de l'économiste britannique John Keynes (1883-1946). (Églée a écrit ce texte à la suite d'une lecture dans le journal The Economist.) |
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Une femme bien ordinaire Je n'ai pas beaucoup de choses à dire ou peut-être que j'en aurais trop. Dans le monde moderne dit civilisé, on voit tant de méchanceté et d'hypocrisie que l'on se demande si par hasard le Larousse et autres ne se sont pas trompés en décrivant l'homme comme étant supérieur à l'animal, comme le summum de la création.
Que dire dans un tel constat, sinon que je suis une femme bien ordinaire, qui a vécu sa vie avec tout ce que cela comporte de joies et de peines, d'espoirs et de déceptions, de réussites et d'échecs, de révolte et de haine aussi face à ceux qui se prennent pour Dieu en personne.
Je n'ai plus 20 ans et qui sait, peut-être que demain ce sera à moi d'apprendre que j'ai un cancer et quelques mois à vivre. Ils me le diront comme ça, en pleine face, sans respect ni compassion, au nom de l'évolution et pour m'aider à trouver le spirituel en moi. Peut-être que trouver le leur serait plus profitable.
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La pauvreté dans les pays de l'Union européenne Il paraît presque sacrilège que le nombre des sans-abri dans les pays de l'Union européenne augmente.
Spécialement dans les pays prospères de l'Union européenne, il est cruel de voir la pauvreté, cette condition dans laquelle l'être humain vit. Évidemment, dans tous les pays de l'Union européenne, il y a une grande augmentation de citoyens et de citoyennes qui luttent contre la pauvreté. En France, 25 % disent que leur revenu ne couvre pas ce qu'ils jugent être le minimum pour leur nécessaire. La France est un exemple, l'Italie aussi, et la partie sud de la Belgique est très pauvre.
Il y a un nouveau mot pour s'adresser aux gens pauvres : EXCLUSION. Il y a des enfants qui n'ont jamais vu leurs parents aller travailler dehors. Et les jeunes qui ne veulent pas aller à l'école parce qu'ils ne considèrent pas l'éducation comme le moyen principal ou important pour avoir un travail. La jeunesse est confuse.
(Églée a écrit ce texte à la suite d'une lecture dans le journal The Economist.) |
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© Centre de Lecture et d'Écriture, 1999