Centre de Lecture et d'Écriture (CLÉ-Montréal)

Conjuguer le présent
Au jour le jour

J'aide mes parents

Mon travail

Un foyer

Mon amie Sui Mie

Se sentir seul

Je ne savais pas parler en français

Du Portugal au Canada

Mon amie

Ça, c'est mon histoire

J'aide mes parents
par Stacy Adams

Des fois je fais la vaisselle quand mes parents ne sont pas là. Des fois ma mère essuie la vaisselle.

Je fais des commissions pour mon père et pour ma sœur.

De temps en temps je balaie le plancher et je passe l'aspirateur. Je nettoie ma chambre et j'époussette mes bureaux.

Des fois je nettoie le garage pour mon père.

(Ce texte a été composé oralement par Stacy avec l'aide d'une animatrice et des autres personnes de l'atelier; l'animatrice notait ce que Stacy disait.)

Mon travail
par Fang Chung Shan

Je vais vous parler de mon travail. Je suis concierge. Je travaille dans deux édifices. Il y a 20 appartements en tout. Tous sont habités par une personne : des étudiants, des pensionnés… Ils habitent là depuis longtemps.

Il y a beaucoup de locataires qui payent bien leur loyer, mais il y en a un peu qui ne payent pas bien. Il y en a qui font des problèmes, ils brisent les portes et les murs. Je suis toujours très occupé à faire des réparations.
À mon travail, il y a beaucoup de choses intéressantes à faire. Il y a aussi des choses terribles. Exemple : des fois, les gens n'avaient pas payé leur loyer et ils sont déménagés avec des choses du propriétaire comme des chaises et la table. Ça me faisait des problèmes, et souvent j'étais très découragé à cause de ça. Mais la majorité des gens sont des bonnes personnes, de bonne humeur. Ils payent bien leur loyer, ils nettoient leur appartement et le gardent propre et sympathique.

Dans la vie, je trouve qu'il y a des gens très différents. Dans mon pays (Taiwan), il y a une phrase qui dit : «Il y a une sorte de riz; il y a cent sortes de personnes qui mangent le même riz, mais il n'y a pas une seule de ces cent personnes qui pense de la même façon.» Donc, nous devons nous dire : «Passons la journée tranquillement et avec patience.»

À la fin, le monde sera toujours aussi beau même s'il y a des problèmes.

Un foyer
par Carole Lefebvre

J'habite dans un foyer parce que je suis malade. Le foyer s'appelle le Foyer St-Just. On est six, deux femmes et quatre hommes. Il y en a un qui a 23 ans et les autres ont entre 40 et 45 ans. On a chacun notre chambre, notre télévision et le câble. On a aussi un salon avec une télévision où on peut se réunir.

Le responsable du foyer s'appelle Robert, c'est lui qui administre mon argent. Robert fait aussi le ménage et les repas. On mange très bien. Il s'occupe aussi des médicaments, c'est lui qui appelle la pharmacie. Robert nous écoute beaucoup.

Moi, je prends mon déjeuner à 10 heures à cause de mon diabète. Le souper est servi à 5 heures. Ceux qui arrivent après sans avoir averti «passent en-dessous de la table». Le couvre-feu est à 10 heures le soir.

(Ce texte a été composé oralement par Carole avec l'aide d'une animatrice et des autres personnes de l'atelier; l'animatrice notait ce que Carole disait.)

Mon amie Sui Mie
par Ling Chu Wang

Elle s'appelle Sui Mie, nous nous sommes rencontrées à l'école française, elle a environ 60 ans. Depuis que je suis arrivée ici, elle est ma meilleure amie.

Elle est arrivée au Canada depuis à peu près 30 ans. Elle a deux filles qui sont mariées. Sui Mie a trois petits-enfants. Maintenant, ils étudient au cégep.

C'est une heureuse femme. Elle travaille dans un bureau, elle nettoie tous les tapis, les fenêtres et les planchers. Elle travaille depuis 18 ans. C'est un travail très dur. Je l'aime beaucoup.

Elle a étudié fort le français aussi, mais maintenant elle étudie l'anglais cinq jours par semaine tous les matins, ensuite l'après-midi elle va au travail jusqu'au soir, elle finit à 11 heures.

C'est une femme qui nous apprend, elle est courageuse et travaillante. Je suis heureuse aussi d'avoir pu la rencontrer ici.

Moi, je crois que dans la vie, c'est très important d'avoir une très bonne amie.

Se sentir seul
par Alfred Nantel

Ce sentiment d'être bien seul dans la grande ville de Montréal… Je suis seul par ma faute, mais je vais m'en sortir de cette impasse. Je vous écris mes sentiments.

Quand je pense à cela, j'ai un sentiment de tristesse tellement élevé et fort. J'ai une boule dans l'estomac qui apparaît quand j'y pense. J'aimerais bien qu'elle disparaisse.

C'est bien triste comme cela, ce n'est pas drôle d'avoir fait le mal autour de soi par égoïsme.

Mon égoïsme me coûte bien cher.

Ma liberté.

Je ne savais pas parler en français
par Hue Chinh Chung

J'étais contente et surprise quand je suis arrivée dans la province de Québec et à Montréal. Ici, je trouve que le monde est chaleureux et avec un bon cœur et prêt à aider le monde. On peut dire que les gens sont meilleurs qu'ailleurs, le «monde sont» sympathiques. C'est pour ça que je me sens comme avec une deuxième famille.

Mais le plus difficile pour moi, c'était la langue parlée et les gens ne me comprenaient pas. Par exemple, quand je cherchais du sel, je me suis trompée, j'ai eu du sucre. Quand j'achetais du riz, j'apportais un échantillon pour montrer ce que je voulais, je ne savais pas parler en français.

Après, le gouvernement du Québec m'a donné des cours pour apprendre la langue française et je suis très contente à l'école. Avec tous les cœurs des professeurs et leur patience, nous avons pratiqué beaucoup dans la classe. C'est pour ça que je comprends le français, et que je peux parler et dire toutes les choses que je veux. Pour moi, je suis très heureuse. Et maintenant, mon amie Kim, elle m'a présenté l'école CLÉ avec le professeur. Diane est très patiente avec le groupe-atelier et nous aide beaucoup pour parler, pour écrire, pour lire.

Je pense que mon français s'est beaucoup amélioré. Je dis mille fois merci au gouvernement du Québec et à l'école CLÉ pour aider les gens avec des problèmes comme moi.

Du Portugal au Canada
par Maria Helena Rodrigues

Je suis arrivée la première fois il y a 12 ans. Sept ans avant, ma fille était arrivée. J'ai gardé son fils pendant cinq ans au Portugal. Après je suis revenue le porter à ses parents et je suis retournée au Portugal. Une année après, ma fille m'a appelée pour que je vienne garder son fils. Comme j'aime beaucoup le Canada et que mes enfants sont ici, je suis revenue.

Je voudrais mourir ici où il y a mes enfants. De temps en temps, je retourne au Portugal. Je dis toujours merci au Canada et merci mon Dieu et merci Frère André pour ta grande dévotion.

(Ce texte a été composé oralement par Maria Helena avec l'aide d'une animatrice et des autres personnes de l'atelier; l'animatrice notait ce que Maria Helena disait.)

Mon amie
par Ling Shu Wang

Elle habite à Taiwan. Elle s'appelle Ledia, elle a 50 ans et elle est célibataire. Elle travaille dans une compagnie d'exportation depuis 25 ans. Elle est secrétaire, elle travaille bien.

Elle aime beaucoup la natation et l'escalade. Elle aime aussi communiquer avec les gens. Je l'ai connue à l'école il y 25 ans. Elle est venue à Montréal en 1997. Je ne l'ai pas vue depuis un an, quand je suis allée à Taiwan.

(Ce texte a été composé oralement par Ling Shu avec l'aide d'une animatrice et des autres personnes de l'atelier; l'animatrice notait ce que Ling Shu disait.)

Ça, c'est mon histoire
par Kim Luu

Elle s'appelle Tai Che. Elle est Chinoise, née en Chine. Elle parle le chinois et le vietnamien, elle est mariée avec un homme chinois. Elle travaille dans un restaurant. Son mari est gros et grand.

Elle n'aime pas travailler dans la cuisine ou faire le souper. Elle est conservatrice, elle ne porte jamais la jupe ou la robe. Elle a trois enfants, deux filles, un garçon.

La première fille habite au Vietnam.

Le deuxième enfant, c'est un garçon, il est mort au Vietnam.

Le troisième enfant, c'est une fille, elle habite au Canada avec sa mère. Le mari de sa mère, il est mort depuis 10 ans. Sa mère est veuve, elle est très malade, ses pieds ne marchent pas bien, souvent elle tombe, et elle ne voit pas bien aussi. Maintenant elle est à l'Hôpital chinois. Elle n'est pas toute seule à la maison, il y a des docteurs, des infirmières, ils lui donnent à manger. À cause de ça, sa fille peut travailler dans la journée et le soir, elle peut aller à l'école.

La vie d'une personne, c'est pas facile. Mais nous pouvons pas arrêter, nous devons essayer et essayer… Parler c'est facile, faire c'est difficile.

Elle est ma mère, je l'aime beaucoup. Je veux qu'elle vive longtemps avec moi. J'espère qu'elle aura une bonne santé comme tout le monde.

Ça, c'est mon histoire.

Merci de l'avoir écoutée.



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