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Sommaire
Dans cette section nous allons présenter des définitions, des enjeux et un bref historique du développement de l'inforoute, notamment de l'Internet. Vous serez à même d'y puiser des informations pouvant vous aider à mieux comprendre ce phénomène sur le plan technologique, sans perdre de vue les enjeux socio-culturels qui sont liés à la présence grandissante des réseaux télématiques.
Le mot télématique provient de la fusion des mots TÉLÉcommunication et inforMATIQUE. Il veut dire communiquer à distance via des ordinateurs. Pour ce faire, on utilise un ordinateur, un modem, une ligne téléphonique et un logiciel de communication. La télématique permet ainsi à des gens, peu importe l'endroit où ils se trouvent, d'échanger des informations (d'abord du texte, mais aussi des images et du sons) par le biais d'ordinateurs. Un ensemble de services informatiques sont ainsi accessibles par le truchement des moyens de télécommunications.
Depuis plusieurs années, nous entendons quotidiennement parler d'autoroutes de l'information, d'inforoutes, d'autoroutes électroniques, de nouvelles technologies des communications et de cyberespace.... Ces mots, utilisés dans de multiples contextes, servent à décrire, souvent indistinctement, ce qui existe présentement, tel l'Internet, ou bien des projets plus futuristes, tel Web-TV, ou encore des technologies plus familières comme le guichet automatique ou la câblodistribution. Le tout sème une certaine confusion.
La plupart des projets «futuristes» visent à ce que la télévision, le téléphone et les ordinateurs soient tous reliés et puissent servir à la communication, à l'éducation et, surtout, au commerce. La convergence technologique de ces moyens distincts de communication devrait fondre en un seul médium l'ensemble des services télématiques. On nous promet: les vidéo-conférences, le vidéophone, la télévision sur mesure, les films à la carte, le télé-achat, le télé-enseignement, le télé-travail, etc. Le mot inforoute fait donc référence à la convergence de l'ensemble des moyens de communication.
Les grandes entreprises de télécommunication, de câblodistribution, de radiodiffusion et les gouvernements se disent engagés, à cause de la convergence, dans un grand chambardement qui va transformer nos vies. Le mouvement serait même planétaire. La société de l'information et la révolution technologique sont, semble-t-il, à nos portes. Sur quoi s'appuient ces constats?
D'une part, l'information et la connaissance sont des instruments de pouvoir, de prospérité et d'épanouissement culturel, tant au niveau personnel que collectif. D'autre part, le développement de réseaux télématiques, jumelé aux capacités croissantes de stockage et de traitement des ordinateurs, devait rendre de plus en plus accessibles, instantanément et à tous, informations et savoirs. Ainsi, les échanges d'informations, la multiplication des sources, la distribution de services télématiques et l'accessibilité des savoirs devraient favoriser un développement accru. La révolution technologique serait porteuse d'un potentiel inégalé de communication. Elle paverait la voix à une société de l'information, c'est à dire à un monde où les citoyens auraient accès une quantité toujours grandissante d'informations et de connaissances, stimulant ainsi la prospérité et l'épanouissement culturel, pour le plus grand bien de nos sociétés.
Le tableau, ainsi dépeint, apparaît enchanteur. Mais un diagnostic posé sur le présent nous porte à nous interroger notamment sur les exclusions sociales et sur l'amplification de la dualisation de la société par le biais des nouvelles technologies de la communication et de l'information (NTIC). Qui a et qui aura accès à ces moyens prodigieux, à quel prix? Qui contrôlera l'information qui circulera sur ces réseaux? Quelles seront les règles et lois qui régiront ces réseaux «sans frontières»? Comment seront protégés les renseignements personnels? Quelles conséquences sur l'emploi, la culture, les institutions? Quel rôle doivent jouer les différents partenaires sociaux dans cette mutation? Etc.!! Autant de questions, autant d'enjeux (parmi d'autres) sur lesquels il faudra se prononcer et intervenir pour assurer que ces technologies contribuent à bâtir une société plus juste et à enrichir la vie démocratique.
Il ne s'agit pas ici de faire le tour de ces questions. L'objectif de ce document est de stimuler la discussion et de soutenir une appropriation démocratique des potentiels de la télématique. Dans cette perspective, nous allons maintenant poursuivre avec une présentation du développement des inforoutes.
L'autoroute de l'information n'est pas un objet tangible et unique. Toutefois, nous utilisons tous les jours des technologies qui en font partie ou qui s'y apparentent. Le téléphone, le photocopieur et le courrier sont nos outils de travail privilégiés depuis de nombreuses années. L'arrivée relativement récente des télécopieurs a amorcé un virage important dans notre façon d'utiliser les moyens de communication. La télécopie a contribué à réduire le temps de communication; il a transformé nos façons de travailler, il nous a permis d'être plus efficace dans nos actions et plus rapide dans la transmission des informations. L'utilisation des télécopies a réduit le temps de réaction aux informations transmises (comparativement à celui requis pour réagir aux documents transmis par la poste). Nous avons alors été entraînés dans une première spirale de vitesse. La télématique engendre depuis peu une autre accélération. Nous sommes de plus en plus sollicités à réagir rapidement aux informations échangées.
Parallèlement, depuis le milieu des années 1980, les micro-ordinateurs sont eux aussi entrés dans notre quotidien. Nous utilisons maintenant le traitement de texte, les logiciels de comptabilité ou de mise en page, etc. Les micro-ordinateurs nous permettent de stocker des quantités phénoménales d'informations sous la forme de zéros et de uns (0 et 1) et les traiter, de les organiser, de les réviser et de les trier plus rapidement et plus efficacement. L'inforoute naît du mariage, pour le meilleur et pour le pire, du téléphone et de l'ordinateur, par le biais du modem.
Les modems (Modulateur-DEModulateur) servent à transférer, d'un ordinateur a un autre, des données informatiques numériques ( les 0 et les 1) par l'intermédiaire des lignes téléphoniques. Un modem encode et décode des données afin de les transmettre par le même support que le téléphone (c'est-à-dire le fil de cuivre). Les informations contenues sur deux ordinateurs éloignés peuvent ainsi être partagées. De plus en plus, nous intégrons le modem à nos pratiques de bureautique. Ainsi, la télématique permet le travail à distance, notamment sur des documents résidants sur un autre ordinateur. Par ailleurs, petit à petit, l'organisation des ordinateurs en réseau a gagné des adeptes. Une notion qu'il convient maintenant de présenter.
Dans un bureau, plusieurs ordinateurs reliés à un serveur constituent un réseau (local). Un réseau c'est aussi plusieurs ordinateurs dispersés à travers une région, un pays ou plusieurs continents, réunis par l'intermédiaire de modems via les lignes téléphoniques. Mais surtout, un réseau permet de regrouper des personnes qui échangent des idées, des informations ou qui partagent des ressources. L'ordinateur qui contient les ressources partageables se nomme un serveur.
Pour réunir et permettre l'interaction entre plusieurs ordinateurs, on a besoin de créer un espace commun. Pour ce faire, on peut utiliser un ordinateur central (appelé serveur), qui contient les informations à partager par les différents postes de travail (appelés clients). Comme dans un restaurant, les clients donnent des "commandes" au serveur qui gèrent les requêtes, et apporte au client ce qu'il veut, le plat commandé, l'information désirée.
Et maintenant, faisons un bref détour historique visant à esquisser la genèse de l'outil télématique par excellence: l'Internet.
Le premier babillard électronique (BBS ou Bulletin Board System) a été créé en 1978. En 1993, on en dénombrait plus de 53,000 en Amérique du Nord. En 1997, il y en aurait 40 000, sans compter ceux qui sont sur Usenet, une couche de l'Internet dédiée aux babillards, sur laquelle nous reviendrons.
Quand on consulte un babillard électronique, on entre en communication avec un serveur. Un babillard permet d'échanger des fichiers ou des messages (courrier électronique). Dans leur forme la plus simple, les babillards ont la même fonction qu'un tableau d'affichage, on y affiche des messages et on espère que quelqu'un les lira.
Les babillards offraient des bibliothèques de partagiciels et de logiciels, des services de courrier électronique et, surtout, des passerelles vers d'autres réseaux comme Internet. Ils ont connus leurs heures de gloire et leur popularité avec la montée fulgurante d'Internet. Leur principale limitation consistait dans les frais d'interurbains générés pour les consulter à partir de régions éloignées.
FidoNet, par exemple, est un réseau qui rassemble (depuis 1984) de nombreux babillards répartis à travers le monde (plus de 30 pays). FidoNet est d'abord et avant tout un réseau composé par des individus qui opèrent ces babillards à titre «amateur». Il est composé de plus de 33,000 relais répartis à travers le monde. Comme les autres BBS, il utilise son propre protocole de communication (le Unix-to-Unix Copy Protocol, UUCP). Il est différent du protocole utilisé par l'Internet (le TCP/IP) ce qui rend la communication difficile entre les deux réseaux. Cependant, comme les choses évoluent très vite dans l'univers informatique, les opérateurs de réseaux construisent des passerelles entre ces deux univers. Ces passerelles agissent comme traducteurs-interprètes entre FidoNet et Internet.
Internet constitue un cas particulier parce qu'il est constitué de multiples serveurs et de multiples réseaux situés un peu partout dans le monde. Internet, c'est un «réseau de réseaux». Pour que tous ces réseaux différents puissent communiquer ensemble, ils utilisent un protocole, un langage, commun appelé TCP/IP (Transmission Control Protocol/Internet Protocol). C'est un peu l'Espéranto des réseaux rassemblés au sein d'Internet, "parlé" par un logiciel de communication. L'Internet fonctionne grâce à ce protocole qui transforme un long message en petite unités (appelées paquets). Le protocole voit à ce que chaque paquet arrive à destination et à reconstruire intégralement le message à destination.
Internet était jusqu'à tout récemment un réseau réservé à l'enseignement et à la recherche. Il réunissait les universités et les centres de recherche avant de s'ouvrir à des segments plus larges de la population, notamment grâce à la technologie de l'hypertexte et du développement du World Wide Web (WWW, W3, le Web). Le réseau Internet offre une gamme astronomique de services télématiques. Nous allons présenter ici les trois "couches" les plus pratiques, les plus utilisées et les plus conviviales. Les autres chapitres du manuel vous aideront à tirer profit de chacune d'entre elles.
Le courrier électronique est un service télématique disponible grâce à l'Internet. Il ressemble au courrier régulier, sauf qu'il utilise une adresse électronique et un logiciel de courrier, au lieu d'un casier postal et d'un postier. Un message envoyé par courrier électronique se nomme courriel. Un courriel se rend à destination presque instantanément; ce qui ne veux pas dire que le ou la destinataire le reçoit immédiatement! Ce ou cette dernière doit effectuer la levée du courrier et il ou elle peut le faire quand bon lui semble.
Internet offre une autre couche de service télématique: le titanesque babillard Usenet où l'on trouve des milliers des groupes de discussion sur tous les sujets imaginables. Les groupes de discussion fonctionne comme un babillard public. On y trouve des messages auquel on peut répondre. Supposons que vous aimiez la cuisine chinoise et vous trouviez un groupe de discussion sur ce thème. Vous pourrez alors lire les messages placés par les autres gastronomes et y répondre. Vous pouvez également placer un message (poser une question, par exemple) et attendre la réponse.
La couche plus connue de l'Internet est sans doute le World Wide Web (WWW). Il y a plus de 150 millions de "lieux" à visiter avec votre logiciel de navigation (un navigateur, un fureteur). Le fureteur sert à lire l'information sur Internet, à consulter les données sur n'importe quel serveur relié au réseau. Un truc formidable avec le web, c'est qu'il fourmille d'informations sur lui-même. Des sites comme www.whatis.com (en anglais) ou encore le lexique de l'Office de la Langue Française permettent au grand public d'avoir accès au savoir qui construit le Web. En consultant ces glossaires, vous serez en mesure d'apprivoiser le vocabulaire des internautes. Par ailleurs, le WWW doit sa popularité à la convivialité obtenue avec l'hypertexte.
L'hypertexte est une notion fondamentale du web. Il s'agit d'une technique informatique qui cache une adresse (X) derrière un mot ou une phrase, vous permettant d'accéder à un site (des informations sur un serveur) situé à l'adresse (X). Cette technique transforme un mot en un bouton que l'on peut activer.
Tentons d'illustrer ce qu'est l'hypertexte pour vous en faire saisir toute la richesse. Supposons que votre maison est construite avec l'hypertexte! Dans chaque pièce, il y un tableau (un menu) sur lequel on trouve une photo de toutes les autres pièces de la maison. Du salon, en appuyant sur la photo de votre chambre vous vous y retrouvez. De la chambre, vous appuyez sur la photo du sous-sol et vous y êtes transportés. Ainsi de suite. Ce qu'il faut retenir, c'est que l'on peut passer de la chambre au sous-sol sans avoir à prendre l'escalier. Transposez cette notion au voisinage, au quartier, à la ville, au pays, au continent, à la planète. Dans un texte (bien) écrit avec l'hypertexte, on peut sauter d'une section à l'autre, avoir accès à des références, faire des tables-des-matières «vivantes», etc.
L'hypertexte est aujourd'hui utilisé par plusieurs couches de l'Internet. C'est pourquoi on emploi souvent indistinctement les mots «Internet» et «Web». Lorsque vous lirez un texte sur Internet, que vous y naviguerez, vous verrez des phrases (généralement) soulignées en bleu. Il s'agit de liens en hypertexte. Ces phrases sont cliquables et vous donnent accès, si vous activez le lien avec la souris, au site dont l'adresse apparaît dans la barre d'information de votre navigateur. Grâce à l'hypertexte, vous échapperez à la linéarité des textes et pourrez avoir rapidement à l'information précise que vous désirez (dans un monde idéal, bien entendu!). Cette technique est également appliquée aux images. Ainsi des photos, des dessins et des logos peuvent être activés et ainsi servir de liens vers d'autre contenus.
Mais tout ceci est très théorique! Vous apprivoiserez rapidement le fonctionnement de l'hypertexte en naviguant sur le Web à votre rythme. À cet égard, les chapitres subséquents vous aideront dans votre découverte de l'Internet, et ce, à partir du branchement jusqu'au développement de votre page web!