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Réflexion et enjeux

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Introduction

Le mouvement communautaire québécois est vaste et diversifié. Le Québec compte plusieurs milliers d'organismes communautaires dispersés sur l'ensemble de son territoire. Les organismes ont, depuis fort longtemps, ressenti le besoin de communiquer, d'échanger et de diffuser des informations sous diverses formes: rencontres, journal, bulletin, banderolles, affiches, dépliants, télécopieur, babillard électronique, etc. Freiné dans son expression et face au silence des médias traditionnels à son égard, le milieu communautaire a développé, au fil des ans, des moyens de communication et d'information «alternatifs»: journaux, radios ou télévisions communautaires.

La notion de réseau (d'interactions, de concertation, d'information ou de communication) est déjà éminemment présente dans ce milieu. Les groupes de base ont, par exemple, de multiples affiliations: ils peuvent être à la fois membres d'un regroupement provincial sectoriel (jeunes, femmes, alphabétisation, coopération internationale, employabilité, etc.), d'une table de concertation de quartier, d'un regroupement intersectoriel régional, d'un regroupement intersectoriel provin-cial, ou de coalitions, etc.

Les interactions entre les différents réseaux naturels de communication empruntent diverses voies et rayonnent dans toutes les directions. Les groupes de base et les regroupements interagissent ainsi sur de multiples plans et sur de multiples terrains, tissant une véritable toile multidimentionnelle où chaque groupe constitue les différents «noeuds» de ce vaste réseau. Il est donc apparu tout naturel d'emprunter la voie électronique pour les relier, d'autant plus que la télématique nous en fournit aujourd'hui les moyens et qu'elle permet d'échapper aux limites de la distance.

En effet, force est de constater que les inforoutes recèlent un potentiel immense. Par leur caractère interactif, elles se révèlent être un outil qui permettrait de combler des besoins de communication, d'éducation, de concertation, de diffusion et d'échange d'informations entre les individus et les organismes communautaires. Cependant, dans la nouvelle société de l'information, les risques sont grands de voir ce potentiel servir à des fins essentiellement mercantiles et économiques, ce qui n'aurait pour effet que d'accentuer la déchirure du tissu social et les risques d'exclusion. C'est pourquoi, il est nécessaire d'agir pour que les retombées du progrès technologique profitent à l'ensemble de la collectivité. À cet égard, les organismes communautaires ont un rôle essentiel à jouer pour favoriser une plus grande appropriation sociale de ces nouvelles technologies. Le projet «Communautique» s'inscrit dans cette perspective.

Une première étape dans la réalisation d'un projet d'une telle envergure consistait à mener une étude de besoins visant à répondre aux questions suivantes: les organismes sont-ils prêts à investir les inforoutes? Disposent-ils des équipements nécessaires? Quels obstacles et limites devront-ils surmonter? Quels acquis ont-ils tirés du processus d'informatisation? Comment veulent-ils s'approprier ces nouveaux outils et à quelles fins? À quoi ressembleraient les espaces ou les réseaux communautaires souhaités et quels services devraient-ils offrir?

Pour obtenir réponses à ces questions, nous avons privilégié deux moyens: un questionnaire distribué aux groupes et la tenue de trois journées de familiarisation et de réflexion.

Ce rapport présente donc une synthèse des résultats de cette étude suivant trois axes principaux: les enjeux identifiés, les conditions à réunir pour approprier ces technologies et, finalement, le potentiel, les pistes d'action et les stratégies à envisager. Il trace un portrait de l'état de l'informatisation et de l'intérêt pour les nouvelles technologies manifesté par les groupes communautaires oeuvrant auprès des femmes, des jeunes, en développement local ou régional, en insertion sociale et professionnelle, en éducation et alphabétisation populaires, en défense des droits, en coopération internationale.

Nous espérons que les résultats de cette étude, unique en son genre, sauront contribuer à stimuler l'action des différents intervenants afin que les organismes communautaires et les populations potentiellement exclus des inforoutes puissent se les approprier véritablement. Nous souhaitons que les organismes se saisissent de ce rapport, investissent les inforoutes, créent des espaces qui leur ressemblent et s'approprient ces outils que sont les réseaux électroniques. Développer des usages sociaux et démocratiques axés sur le partage et la solidarité: tel est le défi à relever.

Table des matières
1. Communautique

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