
Vous êtes ici : Accueil » Réflexion et enjeux » Appropriation des TIC » Rapport de l'étude de besoins » 3. Synthèse des résultats
82 répondant-e-s et 32 participant-e-s
Quatre-vingt deux questionnaires ont été compilés et analysés lors du processus d'enquête1. Trente-deux groupes de base et regroupements ont participé aux journées de familiarisation et de réflexion. Une vingtaine d'organismes supplémentaires ont été rejoints, au mois d'août dernier, lors de la présentation et de la discussion des résultats préliminaires à l'Université populaire d'été, organisée par le Centre de formation populaire.
Compte tenu du grand nombre d'organismes communautaires et populaires oeuvrant dans les domaine de l'éducation, de la citoyenneté et du développement local et régional, nous aurions souhaité poursuivre la démarche pour augmenter le nombre de groupes rejoints et affiner nos résultats. En effet, peu d'organismes non informatisés ont répondu au questionnaire. La seule analyse des résultats du questionnaire pourrait ainsi se révéler trompeuse et brosser un tableau plutôt positif de l'état d'informatisation des organismes, d'autant plus que les divers intervenants nous ont indiqué qu'il existe encore une forte proportion de groupes ne disposant pas d'équipements informatiques ou même de télécopieurs.
Nos résultats fournissent toutefois de bons indicateurs des conditions dans lesquelles s'inscrivent l'implantation et l'appropriation des nouvelles technologies; ils brossent un portrait des besoins, des intérêts, des obstacles, des acquis tirés du processus d'informatisation, des préoccupations et souhaits quant à l'utilisation éventuelle de la télématique et des nouvelles technologies de l'information et des communications.
Ce document puisera, tout au long du texte, à nos nombreuses sources d'information: les questionnaires, les journées de familiarisation et de réflexion, les multiples conversations avec les différents organismes, les commentaires recueillis lors de l'Université populaire d'été du Centre de formation populaire (CFP). Ces sources seront, par conséquent, constamment réinvesties pour éclairer les constats, les conditions nécessaires à une véritable appropriation des NTIC, de même que les stratégies et moyens d'action envisagés. Ces différentes sources se complètent l'une l'autre: elles permettent soit d'expliquer les résultats, soit de les nuancer, ou encore, de les confirmer. Toujours, elles enrichissent notre compréhension et précisent notre portrait.
Pour faciliter le repérage de ces différentes sources, nous utiliserons une terminologie distincte. Ainsi, lorsque nous traiterons des résultats de l'enquête, nous emploierons le terme «répondant»; lorsque nous rapporterons les résultats des journées de familiarisation et de l'Université d'été, nous parlerons de « participants ».
L'accès aux NTIC et la présence des organismes communautaires sur l'inforoute sont perçus comme une nécessité. Au départ, les participant-e-s redoutent énormément l'exclusion que les inforoutes risquent d'engendrer, autant pour une partie importante de la population que pour les groupes communautaires eux-mêmes. Selon eux, les personnes et les groupes les plus pauvres risquent d'être les principales victimes de l'autoroute de l'information; ils craignent d'être marginalisés et mis à l'écart de la société.
Les participant-e-s trouvent essentiel d'investir ce nouvel espace pour briser le mur du silence des médias traditionnels, et pour favoriser un réel partage des connaissances et des savoirs. On craint, à cet égard, une tendance à la privatisation et à la marchandisation de l'information et des savoirs, ce qui contribuerait à approfondir encore davantage les inégalités sociales et l'exclusion.
Les participant-e-s estiment que leur présence sur les réseaux électroniques leur permettrait d'accroître leur crédibilité; ils pourront ainsi se rendre davantage visibles et faire valoir l'importance de leur travail.
De plus, les participant-e-s considèrent que le contexte actuel rend plus que jamais nécessaire l'utilisation d'outils pouvant soutenir la communication et les échanges entre les organismes provenant des différentes régions du Québec.
Les participant-e-s ont souligné à de multiples reprises les pressions accrues qui s'exercent sur eux: surcharge de travail, manque de temps, vitesse accrue, temps de réaction et de réflexion réduits. Les technologies de communication - téléphone et télécopieur - auraient, selon eux, grandement amplifié ce phénomène. Bien qu'ayant l'impression qu'ils peuvent avoir plus de contrôle sur leur courrier électronique que sur le télécopieur, les participant-e-s n'en réclame pas moins le droit de ne céder ni à l'urgence, ni à la vitesse. On souhaite résister à l'éphémère, à l'instantanéité; on désire du temps pour maintenir la qualité de la réflexion. Identifier ses droits en regard des nouvelles technologies apparaît comme une nouvelle préoccupation.
Forts de leurs expériences passées avec l'informatique, de nombreux participant-e-s ont souligné qu'Internet et l'utilisation des réseaux électroniques risquent de changer et de modifier à nouveau les habitudes et les façons de travailler. Du temps sera libéré sur certaines tâches, mais de nouvelles s'ajouteront, tout comme cela s'est produit avec l'arrivée de l'informatique. Ce temps libéré sera affecté à ces nouvelles tâches, qu'il s'agisse de répondre au courrier électronique, de fureter en quête d'informations, ou de mettre à jour les informations diffusées.
Internet ou les NTIC sont davantage perçus comme des instruments qui viennent s'ajouter à la panoplie des outils utilisés dans le travail quotidien. Compte tenu de la nature de leur action, les participant-e-s insistent particulièrement sur l'importance de maintenir des contacts humains et des relations interpersonnelles fortes, autant dans leurs interventions quotidiennes que dans le travail de «réseautage» et de concertation. Pour eux, il s'agit d'abord de briser l'isolement, non de le renforcer. Il importe de tisser de véritables réseaux de solidarité et de justice sociales, de se relier au reste du monde, de créer de nouveaux partenariats, de s'entraider, de s'enrichir des expériences des autres.
Les participant-e-s sont, en outre, fort préoccupés par la qualité et la fiabilité de l'information que l'on trouve sur Internet. La pertinence des contenus leur apparaît plus importante que la multiplication des sites. Plusieurs ont déjà vu de belles vitrines sans contenu derrière. Parallèlement, on craint d'être encore davantage submergé d'informations. «Trop d'informations, c'est aussi néfaste que pas assez.»
C'est pourquoi ils insistent, non seulement sur la nécessité de se doter d'une formation et d'équipements appropriés, mais aussi sur l'importance de mettre en place des équipes dont le rôle consisterait à soutenir la création de contenus, à effectuer des recherches, à faire de l'exploration pour identifier les contenus les plus pertinents et les plus utiles aux groupes, et à produire des analyses et des réflexions.
L'informatique occupe une place de plus en plus importante dans le travail quotidien des organismes communautaires. La très grande majorité des répondants considèrent que l'informatique apporte des améliorations importantes dans la réalisation de leur travail. Les participant-e-s décrivent l'ordinateur comme un outil indispensable qui facilite le travail et augmente l'efficacité. Personne ne regrettre la machine à écrire avec ses copies "carbone". Seule une minorité demeure rébarbative aux ordinateurs, tandis que la majorité adopte une attitude plutôt pragmatique. Plusieurs répondants soulignent la présence de "passionnés" et de "mordus" au sein de leurs équipes de travail.
La très large majorité des répondants considèrent la formation comme la pierre angulaire de l'appropriation des NTIC. Viennent ensuite le soutien et le dépannage technique, les conférences de sensibilisation, les périodes de rodage assisté et les achats d'équipements en groupe.
Cependant, après un court atelier d'initiation à l'utilisation du courrier électronique et à la navigation sur le World Wide Web, la perception des participant-e-s s'est modifiée. L'apprentissage de ces logiciels leur est apparu plus facile et le temps à y consacrer moins considérable qu'ils ne l'avaient cru au premier abord. Ils ont dès lors souhaité en savoir beaucoup plus sur la façon d'utiliser ces outils dans leur travail quotidien et comment les intégrer aux activités des organismes communautaires. Ils ont aussi souhaité en savoir davantage sur le développement de nouveaux usages sociaux et démocratiques des NTIC. Les participant-e-s désirent aussi être mis en contact avec les différentes expériences de réseaux «alternatifs», progressistes et communautaires.
Le soutien technique demeure toutefois une préoccupation importante. Ainsi, quand il s'agit d'installer et de configurer les logiciels et les périphériques, ou quand il s'agit de dépanner les autres utilisateurs, les répondants font d'abord appel aux membres de l'équipe ou à leur entourage immédiat. Un certain niveau d'expertise doit ainsi être maintenu à l'interne. Il est souvent assuré par la présence d'utilisateurs plus aguerris ou par les passionnés par l'informatique. Cet élément se révèle particulièrement important. L'enquête nous apprend que la formation se fait surtout par apprentissage sur le tas, bien que la connaissance de l'informatique soit de plus en plus exigée à l'embauche.
L'accès aux équipements s'avère, par contre, un obstacle majeur. Qu'il s'agisse d'acquérir des appareils plus performants, voire même un premier ordinateur, qu'il s'agisse de s'acheter un ou des modems, ou encore d'améliorer ses installations téléphoniques par l'ajout d'une ligne téléphonique pouvant servir au télécopieur ou au modem, le manque de ressources financières se fait toujours cruellement sentir. Les défis posés par le renouvellement accéléré des équipements aggravent encore la situation.
Les participant-e-s ont exprimé à ce sujet leurs craintes de voir se créer des «inforiches» et des «infopauvres» au sein même des groupes communautaires. Les résultats de l'enquête révèlent en effet que des disparités importantes séparent les répondants des différents secteurs, notamment au plan des ressources financières disponibles pour l'achat d'équipements informatiques. Ils nous apprennent aussi que certains répondants sont bien pourvus en ordinateurs et en périphériques récents et performants.
Bien que tous les répondants à l'enquête et tous les participants aux journées possédent au moins un ordinateur, plusieurs regroupements nous ont indiqué être en contact avec une portion considérable d'organismes ne disposant toujours pas d'équipements informatiques. Certains estiment même que cette proportion atteint plus de 30% des groupes qu'ils rejoignent. Nombreux sont d'ailleurs les organismes à la recherche d'équipements peu dispendieux: ordinateurs de première génération recyclés ou dernier cri.
Une enquête réalisée auprès des organismes d'alphabétisation du Québec révèle que 41% des groupes d'alphabétisation populaire n'ont toujours pas d'équipements informatiques2. Nos résultats indiquent, entre autres, que, malgré une percée considérable, un nombre appréciable d'organismes (20%) ne disposent pas de télécopieurs.
Par contre, les répondants utilisent généralement plus d'une ligne téléphonique et, très souvent, l'une d'elles est affectée au télécopieur. Les modems font de plus en plus partie des périphériques dont disposent les répondants. L'abonnement à Internet est plus fréquent, et l'achat de modems figure souvent sur la liste des acquisitions prévues.
En ce qui a trait aux équipements, les répondants souhaitent que les gouvernements fassent une place aux besoins des groupes dans leurs divers programmes de financement. En effet, il n'existe pas de programmes spécifiques soutenant l'acquisition d'équipements par les organismes, et les critères de nombreux programmes de subvention actuels ne prévoient généralement pas l'acquisition d'équipements.
On constate toutefois que le parc informatique des groupes est diversifié: il s'étend des XT aux Pentium pour la famille IBM, et des Classic aux Quadra pour la famille Apple. La majorité des répondants possèdent entre un et cinq appareils. Il s'agit majoritairement de compatibles IBM. La moitié des répondants ayant adopté les compatibles IBM possèdent des ordinateurs dotés de micro-processeurs de type 486; près du quart ont des 386 et une portion des 286 ou des appareils inférieurs (14%).
Une autre enquête faisant l'état de la situation des NTIC dans les organismes d'alphabétisation du Québec3 révèle, quant à elle, que 39% des groupes d'alphabétisation populaire posséderaient des ordinateurs compatibles IBM dotés de microprocesseurs de type 386, 286 ou inférieur à ces deux dernières catégories. En ce concerne les produits Apple, 49% des appareils seraient de type Mac LC, Mac Plus, Mac II ou Classic.
Nos résultats sont similaires à ceux de cette enquête. Ainsi, 35% des appareils IBM sont de type 286 ou 386; 45% des appareils Apple sont de type Classic, SE ou Mac Plus. La répartition entre les compatibles IBM et Apple est à peu près identique dans les deux enquêtes, soit 60% pour les IBM et 40% pour les Apple. Il est aussi à noter que les produits Apple sont beaucoup plus présents dans la région montréalaise qu'ailleurs au Québec.
Cette classification est importante parce qu'elle fournit des indications sur la proportion d'équipements qui pourraient s'adapter à un environnement convivial. Ainsi, selon l'endroit où l'on trace la ligne de démarcation, une portion plus ou moins grande d'équipements serait inadéquate et devrait être renouvelée. On peut y voir un indice des investissements exigés, autant au niveau de la quincaillerie que de la formation.
Il faut signaler que l'informatisation a tout de même fait des avancées importantes au cours des dix dernières années. Une enquête menée en 1985 nous permet de mesurer le chemin parcouru. Elle indiquait que les principaux équipements présents des organismes consistaient essentiellement en une machine à écrire et un photocopieur. Seule une minorité d'organismes possédaient alors un ordinateur (12%).4
Les participant-e-s ont, par ailleurs, souligné que la présence de leaders régionaux agissant comme agents multiplicateurs est aussi un ingrédient essentiel à l'appropriation des NTIC. Ceux-ci pourraient générer un effet d'entraînement et stimuler la mobilisation des groupes et des différents réseaux d'intervention.
Les participant-e-s croient qu'ils auront besoin d'être soutenus dans la production des contenus. La présence d'animateurs et d'animatrices sur le terrain pourrait contribuer à stimuler cette démarche et à faciliter ce travail de production et de diffusion.Pour plusieurs, il faut également se donner les moyens de s'approprier ces nouvelles technologies: ressources-conseils pour assister les groupes dans la définition de leurs objectifs et de leurs besoins, ressources capables de vulgariser l'information technique et se la rendre accessible; coopératives d'achats afin de réduire les coûts d'équipements.
Les participant-e-s voient dans le déploiement des réseaux un ensemble de retombées possibles autant pour les individus que pour les groupes, les regroupements ou l'ensemble du milieu communautaire.
Les participant-e-s croient que les réseaux télématiques peuvent contribuer à:
Les participant-e-s sont, par contre, assez partagés à propos de l'utilisation des nouvelles technologies avec les usagers de leurs services. Certains identifient d'abord les avantages qu'ils pourraient en tirer dans leur travail, d'autres imaginent déjà des utilisations pédagogiques pour les usagers. Pour d'autres encore, assurer l'accès des inforoutes aux personnes exclues constituent une priorité absolue d'action. On conçoit l'organisme comme point de relais ou d'accès, comme un "téléphone du village" pouvant servir de lieu de rassemblement, d'appropriation et de diffusion d'informations sur la réalité que vivent les personnes, un quartier, une localité ou une région.
En ce qui concerne un réseau communautaire, les participant-e-s croient qu'il doit être doté d'une structure organisationnelle légère et démocratique. Les groupes ou les regroupements doivent avoir leur mot à dire sur le développement d'un tel réseau. Celui-ci doit se construire dans le respect de la spécificité de chaque secteur d'intervention. L'approche doit être décentralisée et reposer sur un modèle d'inclusion, afin que les membres du réseau, de même que les citoyens et citoyennes, y occupent une place centrale.
On imagine le réseau comme un village, une petite communauté, un carrefour offrant divers services accessibles au maximum d'organismes et ce, partout à travers le Québec. Des points d'accès locaux ou régionaux devraient être offerts. Des cafés Internet communautaires devraient exister dans les quartiers et les localités.
Les participant-e-s tiennent, par contre, à éviter les dédoublements. Les ressources sont rares et on juge qu'il vaut mieux, dans les circonstances, les mettre en commun dans des projets qui se complètent et créent un mouvement de synergie. Par ailleurs, on croit qu'il faut évaluer les acquis des expériences de réseaux télématiques et des médias communautaires (radios, télévisions et journaux).
Les participant-e-s pensent que le milieu communautaire doit collectivement se doter de stratégies pour investir ce nouvel espace; il s'avère en outre tout aussi important de discuter des finalités et des résultats à atteindre. Sans croire que les technologies sont garantes de la démocratie, on y voit un espoir d'infléchir le cours de l'histoire compte tenu du potentiel réel offert par les NTIC. Cependant, le discours actuel est perçu comme beaucoup trop euphorique envers le progrès technologique, les promesses passées non tenues sèment le doute; les technologies n'ont fait disparaître ni la guerre, ni la faim, ni l'injustice sociale; elles ont, par contre, contribué à diminuer les emplois disponibles.
Les nouvelles technologies et les réseaux électroniques doivent servir:
Sur un réseau ou un espace communautaire, on doit trouver:
Le courrier électronique et les forums de discussion apparaissent comme les avenues les plus prometteuses. Une large majorité des répondants utiliseraient le courrier électronique pour corriger des textes à distance, transmettre des documents ou de l'information, convoquer des réunions. Cet instrument peut aussi aider à la mobilisation, à la concertation et à l'action.
Certains participant-e-s rêvent du jour où, au lieu de passer des heures à préparer des envois massifs par courrier, ils pourraient transmettre en peu de temps les mêmes documents à l'ensemble de leurs membres. Une condition est cependant préalable à la réalisation de ce rêve: tous les groupes doivent disposer des équipements et des outils appropriés.
Il n'est pas surprenant de constater que le courrier électronique, ou tous les autres outils qui favorisent la concertation et le «réseautage», jouissent d'un tel succès. Au cours des dernières années, les lieux de concertation se sont multipliés et le travail de «réseautage» a pris davantage de place dans la vie quotidienne des organismes communautaires. Ces derniers, qu'ils soient des groupes de base ou des regroupements, y consacrent énormément de temps, de ressources humaines et financières.
Quant aux forums de discussion, les participant-e-s pensent qu'ils permettent de développer des espaces d'informations «alternatives». Ils peuvent de même servir à stimuler les discussions et la vie démocratique, à accroître la communication et les échanges entre les groupes et les différents réseaux. On croit aussi que la présence d'animateurs et d'animatrices serait souhaitable afin de stimuler les discussions et assurer le respect d'une éthique reflétant les valeurs et les principes communautaires.
Les groupes de base s'impliquent en effet activement dans leur quartier et leur région: ils participent à des tables de concertation locale et régionale, à des regroupements sectoriels et intersectoriels, à des coalitions et à des activités en partenariat avec d'autres organismes. Les regroupements, eux, consacrent une grande partie de leurs énergies et de leurs ressources à maintenir la liaison avec leurs membres, à les informer et à leur offrir des activités de formation. De plus, les différents regroupements se concertent entre eux, participent à des coalitions autour de questions spécifiques ou à des rencontres multisectorielles.
Une enquête récente sur l'impact économique et social du secteur communautaire dans quatre arrondissements de la Ville de Montréal5 indique que les organismes consacreraient 260 heures par année aux activités de concertation et de «réseautage»: "C'est donc l'équivalent d'un poste à temps plein pendant presque deux mois que la moitié des organismes doivent libérer au cours d'une année pour assurer leur participation aux activités de réseautage". L'investissement est donc important et explique pourquoi le courrier électronique, les forums de discussion et la mise en place d'un réseau sont vus comme des outils particulièrement pertinents.
Un réseau télématique et le WWW apparaissent fort utiles à une large proportion de répondants pour rechercher des informations, diffuser des documents et faire la promotion des activités de l'organisme ou de ses prises de position. Ils permettent de démontrer publiquement le professionnalisme des groupes, leur esprit créatif et leur débrouillardise (leur capacité de faire beaucoup avec peu). Ils peuvent servir à accroître le rayonnement d'un groupe et contribuer à le faire connaître davantage. Les participant-e-s croient qu'ils portent aussi leur part d'obligations: excellence, mise à jour constante des informations, demandes d'informations accrues.
La recherche d'informations gouvernementales constitue l'autre activité-clé pour laquelle la connexion à un réseau apparaît utile. En effet, les groupes sont constamment à l'affût des nouveaux projets de lois, des modifications aux règles administratives, des informations sur les programmes de subventions disponibles; cet outil leur permettrait de gagner un temps précieux dans la mesure toutefois où ils peuvent trouver sur les réseaux toute l'information recherchée.
Investir dans un réseau télématique apparaît une entreprise intéressante. On souhaite participer à l'élaboration de contenus et utiliser les services. Par ailleurs, la présence de zones "privées" réservées à un réseau ou à un regroupement particulier apparaît essentielle pour préserver la confidentialité et le caractère non public de certaines communications.
Table des matières
2. Objectifs et déroulement | 4. Résultats détaillés de l'enquête