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Réflexion et enjeux

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Chapitre 2 : En conclusion ... quelques perspectives

Des changements profonds s’opèrent dans la société. Les moyens d’exercer la citoyenneté et de participer à la vie démocratique sont en pleine évolution, l’introduction des technologies risque de marquer de façon importante cette évolution.

En tant qu’acteurs reconnus importants du développement social, les groupes communautaires doivent être en mesure de jouer un rôle actif face à ces changements. Ils sont appelés à développer les pratiques, à introduire les TIC et à les adapter aux besoins des populations qu’ils rejoignent ainsi qu’aux réalités spécifiques de l’action communautaire au Québec.

Contrer le risque de fracture entre les inforiches et les infopauvres constitue un enjeu de plus en plus reconnu. Pour contribuer à combler le fossé numérique, les groupes doivent disposer des ressources nécessaires afin qu’ils puissent jouer leur rôle et innover dans le développement de l’accès aux TIC dans leur milieu. À cet égard, non seulement les groupes des différentes régions et secteurs d’intervention devraient-ils être soutenus dans leur intégration, expérimentation et projets spécifiques, mais aussi tous les nouveaux groupes dont la mission centrale et spécifique vise l’appropriation des TIC devraient-ils pouvoir bénéficier d’un appui tangible afin de réunir les conditions essentielles à un développement structuré et durable.

A. Suivre l’évolution de l’appropriation des TIC

Suite aux deux enquêtes menées par Communautique, nous croyons qu’il serait utile de continuer à suivre l’évolution de l’appropriation de TIC par les groupes communautaires. Le milieu communautaire québécois compte plusieurs milliers de groupes oeuvrant dans toutes les régions du Québec. Compte tenu de son importance et du nombre de personnes qu’il rassemble (travailleurs et travailleuses, bénévoles et participantEs), il importe, comme pour les autres secteurs de la société québécoise, de connaître les avancées, les innovations, les besoins et les difficultés rencontrées afin de réaliser une véritable appropriation sociale des technologies de l’information et de la communication.

De plus, nos observations indiquent qu’un nouveau secteur semble en émergence au Québec. En font foi, tous ces nouveaux groupes communautaires ou ces entreprises d’économie sociale dont la mission, les activités et services sont centrés sur les technologies de l’information et de la communication. Ces organismes agissent sur plusieurs plans : services techniques, formation, accès à Internet, réseautique, création et hébergement de sites Web, etc.

Des ressources devraient être consenties à suivre l’évolution de ces avancées et à les faire connaître. Elles pourraient notamment être consacrées à la mise sur pied d’un observatoire sectoriel.

B. Soutenir le développement de l’expertise …

Par des activités de recherche, d’analyse et de réflexion

Afin de soutenir l’appropriation des nouvelles technologies et leur adaptation à la réalité de l’action communautaire au Québec, il nous semble important, à l’instar de plusieurs participants et participantes aux ateliers, de développer le soutien aux activités de recherche et d’analyse qui doivent, de façon continue, identifier les enjeux, les opportunités, les risques et les obstacles de même que rassembler les éléments de réflexion et organiser les discussions sur les dimensions sociales et culturelles.

Par la diffusion des expériences et le soutien à l’expérimentation de pratiques novatrices d’utilisation des TIC

On constate l’émergence de diverses initiatives ainsi que l’expérimentation de nouvelles pratiques avec les technologies. Afin de soutenir l’appropriation des technologies et leur intégration à la mission des groupes, ces nouvelles pratiques et applications quotidiennes doivent être recensées et largement diffusées. Le partage de ces nouvelles expériences conduira à les multiplier, à poursuivre l’innovation pour transformer ces expériences en nouvelles pratiques adaptées aux différentes réalités. Ainsi, il faudrait appuyer concrètement ce travail d’expérimentation, le développement des nouvelles pratiques et d’applications. Des moyens devraient aussi être mis en place pour stimuler la concertation ainsi que les échanges entre les réseaux et les régions.

Par le développement et la diffusion de contenus

Un des freins généralement identifiés à l’accessibilité à Internet consiste en la faible proportion de contenus en français. Malgré une progression notoire du nombre de sites communautaires, un imposant travail reste à réaliser. Les groupes regorgent de documentation et de publications qui méritaient d’être diffusées autant auprès de la population que des autres groupes. Des ressources devraient être consacrées au développement de contenus communautaires (sites, forum, listes de discussion, etc.), à leur mise à jour et à l’animation. Plusieurs groupes ont même indiqué qu’ils souhaitent la mise sur pied d’un site de référence communautaire.

C. Soutenir le développement de points d’accès et l’expérimentation en TIC

Tel que mentionné, dans le budget du gouvernement du Québec du printemps 2000, des mesures doivent être mises en place pour combler la fracture numérique qui risque de s’approfondir entre les inforiches et les infopauvres. Les groupes communautaire et populaire peuvent contribuer à combler ce fossé et ouvrir l’accès aux inforoutes aux populations les plus démunies. À cet égard, les résultats de l’enquête démontrent que les groupes se sont déjà mis en action, investissent ce nouveau chantier et souhaitent accentuer ce travail. Ils doivent toutefois être soutenus et bénéficier des outils ainsi que des moyens pour réaliser pleinement ce travail.

D. Développer l’infrastructure technologique

Cet aspect mérite une attention particulière compte tenu des résultats de notre enquête. Les groupes doivent composer avec un parc informatique très diversifié, une proportion importante d’appareils vieillots et désuets, ce qui constitue un casse-tête certain sur le plan opérationnel, la gestion, la planification du développement et l’entretien.

Sans entrer aveuglément dans la course aux équipements de plus en plus performants, les groupes doivent être en mesure de s’adapter aux standards qui s’imposent. Nous pouvons suggérer deux pistes parallèles à poursuivre concurremment : d’une part, offrir les ressources financières et l’expertise aux groupes pour disposer de l’infrastructure de base adéquate (lignes téléphonique, frais de branchement, achat et renouvellement des équipements informatiques) ; d’autre part, soutenir la recherche de solutions techniques peu coûteuses.

E. Soutenir la formation

Parmi les besoins de formation identifiés dans l’enquête, la formation à l’utilisation d’Internet arrive au premier rang suivie de près par la formation en bureautique. Certaines régions semblent même éprouver des besoins assez marqués puisque bon nombre de répondants considèrent ne pas avoir accès à des ressources de formation. Par ailleurs, le rythme de développement des technologies et les compétences qu’elles requièrent exigent d’intégrer aux activités des groupes une formation continue.

Ainsi, des ressources devraient être consacrées afin de répondre à ce besoin de formation continue aux technologies de l’information et de la communication. Cette formation constitue un préalable pour permettre l’initiation des participants et participantes des groupes, l’intégration des TIC au quotidien et le développement de nouvelles pratiques.

Et finalement …

Communautique souhaite maintenant poursuivre la démarche amorcée en remettant au jeu les résultats de cette enquête. Des ateliers de discussion seront ainsi organisés au printemps 2001 à Québec, Montréal et Trois-Rivières et les groupes seront invités à reprendre la discussion et à échanger sur toutes ces questions.

Parallèlement à ces ateliers, les actions se poursuivront. L’appropriation des TIC exige d’adopter des stratégies diversifiées et des actions sur plusieurs plans: expérimentation concrète sur le terrain de pratiques alternatives d’appropriation des TIC à des fins citoyennes; développement d’activités de formation adaptées aux besoins en constante évolution; poursuite des activités d’analyse et de recherche; participation au développement de contenus correspondant aux besoins des groupes communautaires et des populations qu’ils rejoignent; portrait et diffusion large des diverses initiatives; représentations afin de faire reconnaître le rôle et l’apport des groupes communautaires dans l’appropriation des TIC; développement de réseaux avec les différentes organisations du Québec, du Canada et des différentes régions du monde poursuivant les même objectifs. Le développement de l’Inforoute communautaire et citoyenne exige donc la mise en commun des expertises et la concertation des efforts déployés par tous les acteurs à tous les paliers.

Table des matières
Chapitre 1 | Chapitre 3 : Au delà des chiffres

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