
Vous êtes ici : Accueil » Réflexion et enjeux » Appropriation des TIC » Rapport d'enquête : Le monde communautaire et Internet » Chapitre 6 : Intégration de la télématique
Différents éléments propres au bureau nous permettent d’évaluer le potentiel « télématique » d'un organisme. Disposer d’ordinateurs récents constitue certes un facteur relativement facilitant. Or, l’accès à Internet repose sur différentes composantes tels le système téléphonique, l’accès à un modem et la présence d’une ligne dédiée au télécopieur dont l’usage pourrait être partagé avec la télématique.
Nos résultats indiquent que
« L’étude de 96 » révélait que 82% des répondants possédaient un télécopieur, dont une majorité était dotée d'une ligne téléphonique affectée au télécopieur (73%). La progression du télécopieur et son utilisation se seraient donc poursuivies malgré l’arrivée du fax-modem. Ces résultats témoignent de l’importance de cet outil de communication et d’échange d’information, ce qui en ferait un des outils de communication des plus prisés avec le téléphone.
Le système téléphonique constitue une condition première pour faciliter ou freiner l’accès à Internet. Ainsi, un système limité peut exiger des investissements importants pour l’installation et les frais mensuels consacrés à des lignes supplémentaires ou dédiées à cet usage. À ces derniers frais, récurrents d’année en année, s’ajoutent ceux liés à l’abonnement à Internet .
78,3 % des répondants possèdent un ordinateur doté d’un modem. Toutefois, 11 % des répondants ayant un modem ne l’utilise pas aux fins de télématique dans le cadre du travail. 77,4 % des répondants disposent d’une ligne téléphonique dédiée au télécopieur. N’ayant pas évalué spécifiquement le nombre de répondants ayant une ligne téléphonique dédiée à Internet et considérant que près de la moitié des répondants n’ont qu’une ou deux lignes téléphoniques, ces résultats tendraient à indiquer qu’une même ligne téléphonique servirait à plusieurs usages : téléphone, télécopieur et Internet ce qui peut présenter des contraintes lors de l’utilisation d’Internet et demander des investissements pour soutenir un usage accru ou pour permettre l’accès aux usagers et aux usagères.
La constitution de réseaux locaux peut permettre l’utilisation d’Internet à partir des postes de travail individuels à partir d’un seul lien Internet. La progression de la mise en réseau local des ordinateurs disponibles semble avoir progressé. Ainsi, plus du tiers des répondants déclarent disposer d’un réseau local.
Toutefois, la forte mixité du parc informatique des répondants et la rareté de ressources techniques soulignée à maintes reprises lors des ateliers laissent penser que la mise en réseau pose et posera des défis supplémentaires aux organismes. De plus, l’expérience démontre que la mise en réseau local risque de soulever de nouvelles questions aux organismes qui entreprendront ces changements : impacts sur l’organisation du travail, sur la gestion de l’information, sur la gestion des communications, etc.
L’intégration d’Internet apparaît en nette progression chez les répondants.
« L’enquête de 1996 » révélait que l’utilisation d’Internet variait d’un secteur à l’autre. Ainsi, « la proportion [était] de 60% chez les répondants du développement local, de 46 % chez ceux qui [provenaient ]de l’intégration sociale et professionnelle, de 25% chez ceux qui interviennent en défense des droits, de 40% chez ceux qui oeuvrent en alphabétisation et en éducation populaires, en coopération internationale, et auprès des femmes et des jeunes,etc. » (Rapport de l’étude de besoins, 1996, page 37)
Malgré une nette progression, les répondants de certains secteurs se situent sous la moyenne globale de 63 %. Ainsi, si l’on considère les secteurs avec dix répondants et plus, l’utilisation d’Internet par les membres de l’équipe dans la cadre du travail se situe sous la barre des 60% dans les secteurs « action bénévole, personnes handicapées, famille, femmes, défense des droits, jeunes. Par contre, le secteur « développement économique » atteint un somment avec 100% des répondants qui affirment l’utiliser dans le cadre du travail. Plusieurs secteurs se trouvent aussi au-dessus des 80%. L’utilisation et l’intégration d’Internet continuent ainsi de varier d’un secteur à l’autre.
| Secteur | Nombre de répondants | Oui | Non |
|---|---|---|---|
| Alphabétisation | 22 | 82 % |
18 % |
| Consommation | 16 | 88 % | 13 % |
| Éducation | 16 | 87 % | 13 % |
| Loisirs | 10 | 50 % | 50 % |
| Action bénévole | 23 | 38 % | 62 % |
| Famille | 35 | 46 % | 54 % |
| Femmes | 63 | 54 % | 46 % |
| Défense des droits | 28 | 57 % | 43 % |
| Jeunes | 33 | 59 % | 41 % |
| Personnes handicapées | 25 | 40 % | 60 % |
| Développement économique | 12 | 100 % | 0 |
| Insertion professionnelle | 29 | 89 % | 11 % |
| Santé et services sociaux | 40 | 58 % | 42 % |
| Logement | 17 | 88 % | 12 % |
| Développement communautaire | 10 | 82 % | 18 % |
| Autres | 37 | 73 % | 27 % |
| Région | Nombre de répondants | Oui | Non |
|---|---|---|---|
| Bas-St-Laurent | 20 | 60 % |
40 % |
| Saguenay Lac-St-Jean | 36 | 50 % | 50 % |
| Québec | 36 | 78 % | 22 % |
| Mauricie | 22 | 68 % | 32 % |
| Estrie | 14 | 64 % | 36 % |
| Montréal | 184 | 70 % | 30 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 22 | 36 % | 64 % |
| Chaudière-Appalaches | 18 | 72 % | 28 % |
| Laval | 15 | 60 % | 40 % |
| Montérégie | 35 | 49 % | 51 % |
| Centre-du-Québec | 41 | 51 % | 49 % |
L’utilisation d’Internet varie aussi selon les régions. Si l’on considère seulement les régions ayant plus de 10 répondants, les régions de Québec, Montréal, Chaudière-Appalaches et Mauricie compte le plus grand pourcentage de répondants utilisant Internet dans le cadre de leur travail (entre 68 et 78%). Les répondants des régions du Bas-Laurent, Estrie et Laval forment un deuxième sous-groupe avec des proportions s’étalant de 60% à 64%. Les répondants du Saguenay-Lac St-Jean, de la Montérégie et du Centre du Québec constituent un autre sous-groupe (de 49% à 51%). Les répondants de l’Abitibi-Témiscamingue seraient ceux qui utiliseraient le moins Internet dans le cadre de leur travail, soit seulement 36% d’entre eux.
Parmi les groupes répondants qui utilisent Internet, le courrier électronique apparaît comme l'utilisation la plus populaire. 57% des répondants affirment détenir une adresse de courriel ; il sert d'abord à des fins de télétravail (par exemple, échange d'informations et de documents au sein d'une équipe ou entre groupes) ; la recherche d'informations arrive en second. La proportion relativement importante (6,6 %) de répondants identifiant le domicile comme principal lieu d’accès tendrait à indiquer que les personnes tentent de palier à l’absence de connexion à Internet au bureau ou au manque de temps d’accès à un poste de travail branché sur Internet en transportant le travail à la maison.
| Région | Courrier électronique - oui | Site web - oui |
|---|---|---|
| Bas-St-Laurent | 10 (50 %) | 2 (10 %) |
| Saguenay Lac-St-Jean | 15 (42 %) | 7 (19 %) |
| Québec | 26 (72 %) | 9 (25 %) |
| Mauricie | 10 (45 %) | 3 (14 %) |
| Estrie | 8 (57 %) | 1 (7 %) |
| Montréal | 119 (65 %) | 64 (35 %) |
| Abitibi-Témiscamingue | 7 (32 %) | 5 (23 %) |
| Gaspésie Îles-de-la-Madeleine | 3 (60 %) | 0 |
| Chaudière-Appalaches | 8 (44 %) | 2 (11 %) |
| Laval | 10 (67 %) | 8 (53 %) |
| Montérégie | 19 (54 %) | 4 (11 %) |
| Centre-du-Québec | 20 (49 %) | 6 (15 %) |
Un regard sur la situation dans chaque région apporte toutefois une autre dimension. Aux groupes répondants de Montréal et de Laval qui détiennent un forte proportion d’adresses de courriel s’ajoutent les répondants de la région de Québec (72%). Les répondants de ces trois régions présentent aussi une forte proportion de sites Internet (de 25% à 53%) considérant les régions avec plus de cinq répondants.
Près du quart de l’ensemble des répondants occupe un espace sur le réseau Internet par sa vitrine Web. Toutefois, au sein du sous-groupe constitué des répondants de Montréal et de Laval, 57,6% (72 / 197) des répondants issus des régions Montréal – Laval se seraient dotés de sites Internet comparativement à 15 % des répondants issus du sous-groupe composé par les autres régions (40 / 259). Les regroupements répondants seraient proportionnellement plus nombreux que les groupes de base répondants sur Internet. 70 répondants sur 332 (21%) s’étant identifiés comme groupes de base possèdent un site sur Internet comparativement à 30 regroupements répondants sur 95 (32%).
| Secteur | Site web - oui |
|---|---|
| Alphabétisation | 2 |
| Consommation | 12 |
| Médias communautaires | 3 |
| Éducation | 6 |
| Loisirs | 1 |
| Personne immigrantes | 2 |
| Environnement | 1 |
| Action bénévole | 3 |
| Famille | 3 |
| Femmes | 15 |
| Défense des droits | 5 |
| Jeunes | 10 |
| Personnes handicapées | 3 |
| Développement économique | 4 |
| Insertion professionnelle | 8 |
| Santé et services sociaux | 12 |
| Coopération internationale | 5 |
| Logement | 4 |
| Développement communautaire | 3 |
| Aide alimentaire | 1 |
| Autres | 8 |
Les différents projets de télématique communautaire réalisés au cours des dernières années notamment par NetFemmes, Espace Alpha, la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles du Québec, Communautique et le Réseau de protection du consommateur semblent avoir eu un certain impact pour stimuler la présence des groupes sur Internet. En effet, les secteurs où l’on compte le plus de sites sont ceux de la consommation, femmes, santé services sociaux, éducation – alphabétisation réunis et insertion professionnelle. Des projets, soutenus par le Fonds de l’autoroute de l’information, se sont déroulés entre 1997 et 1999 dans ces secteurs sauf celui de l’insertion professionnelle. La présence des répondants du secteur jeunes est aussi à souligner. Nos données n’indiquent toutefois pas si des ressources sont consacrées à l’entretien et à la mise à jour de ces sites.
Quand on demande aux groupes de classer par ordre d’importance leurs principales utilisations d’Internet, le courrier électronique s’avère l’outil Internet préféré par un fort nombre de répondants. Vient ensuite, non loin derrière, la recherche d'informations. Les mises à jour de sites ainsi que les échanges via forums de discussion se situent aux troisième et quatrième rang des utilisations ; le clavardage ainsi que les autres utilisations suivent loin derrière.
| Utilisation | Nombre de répondants |
|---|---|
| Courriel | 275 |
| Recherche | 279 |
| Forums | 111 |
| Mise à jour de site |
136 |
Le courrier électronique est d’abord utilisé à des fins de télétravail et pour diffuser des informations. Dans une moindre mesure, il sert aussi à répondre aux demandes d'informations reçues et, plus rarement, à l'inscription à des listes de discussion.
La recherche d’informations, quant à elle, sert d’abord la recherche documentaire (275 répondants). Puis, viennent la recherche d'informations gouvernementales et la recherche d'informations sur les groupes communautaires (255 et 233 répondants). La recherche à des fins de financement vient plus loin derrière (165 répondants).
L'analyse des divers secteurs apporte quelques nuances intéressantes. Ainsi, les répondants des secteurs «logement», «développement économique» et «défense des droits» privilégient davantage la recherche d’informations gouvernementales. Les répondants oeuvrant en «insertion sociale» ou auprès des «personnes handicapées» utilisent particulièrement Internet pour trouver de l’information sur les groupes communautaires. Ils sont les seuls à classer cet usage au deuxième rang.
Table des matières
Chapitre 5 | Chapitre 7 : Usages de l'informatique