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Dans l'ensemble, les groupes communautaires ne sont pas d’accord avec l’initiative du gouvernement et de la démocratie en ligne. Il y a des raisons concernant le contexte actuel dans lequel on veut mettre en place ce projet et des raisons concernant les contributions réelles de chacune des initiatives.
Pour ce qui est du contexte actuel, les participants ont mis l’accent sur le peu d’information, de sensibilisation et de formation de la population, les problèmes de pauvreté, d’analphabétisme, les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes handicapées ; tous ces aspects étant à l'origine de la fracture numérique. Il y a également beaucoup de problèmes pour assurer la sécurité, la confidentialité et l’intégrité de certains processus. C’est pour ces raisons que la majorité des participants ont refusé la page citoyenne et le vote électronique, exprimant aussi des doutes sur les consultations en ligne.
Pour ce qui est de la contribution des initiatives proposées, les quatre actions concrètes proposées par le gouvernement ne supposent pas clairement un avantage essentiel par rapport aux modes traditionnels d’avoir accès à nos renseignements personnels, d’avoir accès aux services, de participer dans les débats de société et de voter. Les participants ont soulevé les limites de ces actions et de leur pertinence.
Cela dit, les groupes sont ouverts à participer à un processus de réflexion et d’action qui vise à donner plus de pouvoir aux citoyens organisés et à renforcer et approfondir la démocratie actuelle. Dans cette perspective, ils sont ouverts à formuler des propositions concrètes sur le projet de gouvernement et de démocratie en ligne.
Les groupes communautaires ont peu d’information sur le gouvernement et la démocratie en ligne. Le débat et la réflexion sur ce thème a commencé grâce à la consultation menée par Communautique. Notre organisation a promu à cette occasion l’expression des groupes sur les initiatives proposées par le gouvernement. Cela n’est que le début d’un travail encore plus important : celui de réfléchir et de proposer ce que les groupes communautaires veulent comme gouvernement, comme démocratie, comme pratiques démocratiques et ensuite, ce que les groupes veulent comme utilisation des technologies dans les rapports entre l’État et les citoyens ainsi qu'entre l’État et les organisations de la société civile. Quelques éléments d’une vision différente émergent déjà : une vision qui vise notamment de construire un projet du bas vers le haut sur la base de la participation des groupes et de citoyens organisés : une vision aussi qui valorise un projet prenant en considération toutes les technologies et qui soit réellement inclusif.
Les groupes communautaires s’attendent à que le gouvernement puisse considérer leurs points de vue et les propositions suggérées. Le gouvernement devrait vraiment mettre les citoyens au centre de ses préoccupations. Cela suppose que ce qui est le plus important, c'est de travailler sur les problèmes rencontrés par les citoyens et de débattre avec eux sur les meilleures façons de les traiter. Si le gouvernement en ligne et la démocratie en ligne sont des initiatives qui vont aider les citoyens, le gouvernement doit le manifester clairement et, conséquemment, il doit travailler avec toutes les organisations pour l’implanter. Le gouvernement devrait investir dans les organisations de la société civile et devrait leur donner toutes les conditions pour avancer. Dans le contexte actuel, cela passe par des propositions comme celles d’offrir un accès gratuit et des équipements gratuits aux secteurs les moins favorisés de la société. Mais l’objectif ne doit pas se limiter à les brancher. L’objectif est de faire cela dans le cadre de la recherche de solutions aux problèmes que les gens vivent et de renforcer les organisations de la société civile.
En conséquence, le gouvernement devrait reconsidérer ses propositions de page citoyenne et de vote électronique. Les services électroniques et les consultations en ligne devraient être développés comme moyens complémentaires. Un débat devrait se faire sur les principaux problèmes sociaux et le rôle des nouvelles technologies dans la recherche de solutions.
Suite aux consultations, nous espérons que les groupes communautaires qui ont participé aux consultations, tout comme ceux qui ne l’ont pas fait, puissent continuer les réflexions, développer leur propre vision du gouvernement et de la démocratie en ligne et prendre l’initiative de travailler sur les différentes orientations et pistes d’action suggérées. Si le gouvernement tient à son projet gouvernemental, il devra soutenir ces efforts. Communautique manifeste déjà son intérêt à travailler avec tous les groupes communautaires à la réalisation d'un plan d’action concret. Ce plan d'action viserait à développer la présence du milieu communautaire dans l'élaboration et la mise en place des meilleures conditions pour le développement d’un gouvernement et d'une démocratie en ligne qui répondent aux besoins de la société québécoise. Ce plan d'action viserait également à développer le « Communautaire en ligne ». Ce « Communautaire en ligne » pourrait être défini comme l’expression de nos missions, de nos activités et de l’exercice des possibilités démocratiques que nous pourrions faire avec l’aide des nouvelles technologies.