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Réflexion et enjeux

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Troisième partie : les experts, les représentants politiques et les leaders

Dans notre démarche pour mieux comprendre les initiatives du gouvernement et de la démocratie en ligne, nous avons organisé :

Nous avons extrait de toutes ces activités les principaux points de vue exprimés ainsi que les propositions de pistes d’action qui furent suggérées pour chacun des thèmes de la consultation ainsi que sur les thèmes principaux des résultats, soit la vision d’un gouvernement et d’une démocratie en ligne, les enjeux éthiques et le rôle des groupes communautaires.

Ce que nous avons entendu des experts

Résultats des journées de réflexion

Sur l’accès et la formation

Les points de vue exprimés

L'accès et la formation que ce projet demande nous interpellent alors qu’il y a encore près de la moitié des québécoises et des québécois qui n'ont pas accès aux nouvelles technologies à la maison. Dans la population québécoise, il y a également un million et demi d’adultes qui n'ont pas fini leurs études secondaires, un million qui ont des difficultés importantes de lecture, un million qui ont des handicaps, 11,9 % qui vivent dans la pauvreté et une partie grandissante de la population qui vieillit. Comment le gouvernement en ligne et la démocratie en ligne pourront-ils fonctionner dans ces conditions ?

L’utilisation d’Internet pour faire des transactions avec le gouvernement demande des ressources cognitives et des opérations intellectuelles importantes. De là l'importance de la formation et de l'éducation que nous exige cette société du savoir. De là l'importance de connaître et de développer les compétences citoyennes qui nous seront demandées par le gouvernement et la démocratie en ligne.

Propositions qui furent suggérées

L’accès aux technologies et à une formation qui nous permettent de faire un usage complet des technologies devrait être considéré comme un droit. Il nous faut insister également sur la lutte à la pauvreté qui fait partie sans nul doute de la lutte à la fracture numérique.

Sur le vote électronique et la démocratie en ligne

Les points de vue exprimés

La non-participation d'un secteur de citoyens aux élections, l'éloignement et la méfiance de la politique ne se règleront pas parce que nous allons pouvoir voter en ligne ou participer à des consultations en ligne. C’est pour cette raison que les défis de la démocratie en ligne sont en réalité les défis de la démocratie actuelle. Nous devons travailler pour transformer cette démocratie et la faire plus participative, plus inclusive.

Les citoyens ont besoin, entre autres, de savoir que leur volonté sera respectée, que leur participation à la vie démocratique a un sens et qu'elle ne deviendra pas un exercice inutile. Ils ont besoin d’être informés, consultés, engagés dans toute la démarche et être considérés comme acteurs, avec un pouvoir de décision. Ils ont besoin de savoir sur quel type de décisions ils vont travailler, quel est le lien entre leur participation aux consultations en ligne, leurs problèmes quotidiens et l'activité de l'assemblée nationale et des élus. Savoir de quelle façon l'usage des technologies, surtout de façon collective, pourrait permettre une appropriation collective de l'information concernant les différents problèmes sociaux et économiques au niveau local, régional, national et international et la recherche de solutions à ces problèmes.

Nous ne pouvons pas confondre la démocratie en ligne avec le fait de voter électroniquement de la maison pour répondre aux consultations du gouvernement. La démocratie est plus que le geste de voter, la démocratie est une recherche de consensus, la démocratie est un travail pour passer d'un point de vue personnel à un point de vue qui soit d'intérêt général, qui soit partagé. Cela se fait par des échanges, par des débats, par des rencontres en famille, en groupe, dans les quartiers, dans les milieux de travail, dans les organisations politiques. La voix citoyenne n'est pas la somme de voix individuelles. Les voix individuelles peuvent aller dans mille sens différents. C'est le débat organisé, la participation à des groupes qui nous permettent de faire le saut et de comprendre ce qui pourrait être l'intérêt général. Le collectif est essentiel dans un projet de société, il doit être présent dans le projet d’un gouvernement et d’une démocratie en ligne

Le projet d'un gouvernement et d'une démocratie en ligne ne doit pas se contenter de se présenter comme un projet centré sur la personne ou sur le citoyen.  Il doit les inclure dans la démarche comme sujets et acteurs et non seulement en tant qu'individus mais en tant que collectivités au niveau familial, de groupe de quartier et des associations auxquels ils participent.

Propositions qui furent suggérées

Il faudrait travailler à renouveler la démocratie actuelle avec l'aide des usages citoyens des nouvelles technologies. Il faudrait que les groupes communautaires puissent :

Transférer leurs valeurs et pratiques démocratiques à l'usage citoyen des TIC pour, entre autres, trouver une définition de ce qu'est la démocratie en ligne et les pratiques en ligne qui pourraient la caractériser ;

Prendre la parole et participer à établir les thèmes sur lesquels il faudrait développer les débats, promouvoir la création de lieux de débats, d'échanges, de création collective de solutions, de partage et de collaboration.

Sur les consultations en ligne

Points de vue exprimés

Est-ce que « consultation en ligne » équivaut à « démocratie en ligne » ? . Nos réflexions devraient se situer sur la démocratie car le problème n’est pas celui de la cyberdémocratie, mais de la démocratie tout court. Ce qui nous intéresse est améliorer la démocratie, encourager la participation citoyenne à la vie démocratique, éviter tout déficit démocratique. Limiter tout à une consultation directe des citoyens pourrait appauvrir la démocratie dans la mesure où l’on laisse de côté le travail délibératif qui est essentiel pour que le citoyen puisse faire un bon choix.

Les enjeux de la démocratie touchent les groupes sociaux, formels et informels qui sont essentiels pour l'exercice de la démocratie. Un gouvernement et une démocratie en ligne devraient considérer un processus qui part du citoyen et qui monte vers les principaux lieux de décision gouvernementale. Dans ce processus, le rôle des groupes communautaires et des associations de la société civile est essentiel pour promouvoir le débat, pour construire un consensus.

Propositions qui furent suggérées

La démocratie en ligne doit être comprise avant tout comme une démarche des citoyens organisés autour d'un espace public qui favorise leur participation, leur créativité, leurs échanges et la recherche de consensus ou de points de convergence plutôt que de le concevoir comme une démarche isolée entre l'État et le citoyen.

Sur le rôle des groupes communautaires

Points de vue exprimés

Les groupes communautaires ont un rôle à jouer dans le renouvellement de la démocratie, dans l'activation d'un espace public riche et générateur d'alternatives et de solutions aux problèmes sociaux. Ils ont aussi un rôle à jouer pour aider à construire une voix collective, pour organiser la réflexion, le débat et la participation citoyenne. La démocratie en ligne demandera aux citoyennes et aux citoyens des responsabilités, mais elle devra aussi offrir des droits que les groupes communautaires pourront contribuer à faire émerger et à protéger. Pour une citoyenneté active, pour un cybercitoyen ou pour le citoyen en ligne, les groupes communautaires ont un travail complémentaire à faire à celui qu’ils ont déjà fait pour promouvoir la citoyenneté active de chaque Québécoise et de chaque Québécois.

Propositions qui furent suggérées

Les groupes de la société civile, avec l'appui du gouvernement, devraient pouvoir participer à :

En général

Points de vue exprimés

Il y a des enjeux éthiques : Internet reste un outil, il faut garder l'humain au centre des changements technologiques. Il faut informer la population des risques, du déroulement des activités et des règles de civilité. Le débat doit s'articuler autour des idées, pas des technologies.

Il y a des enjeux technologiques : Il faut apprendre à bâtir des environnements dans lesquels les règles sont claires et compréhensibles, où les sites sont équitables, accessibles et égalitaires et les technologies neutres et ouvertes. Les textes doivent être écrits selon les différents niveaux de lecture de façon à que leurs contenus soient bien compris. Deux exemples fournis par les participants à nos consultations qui devraient continuer à nous faire réfléchir : le premier, concernant l’accès, est la présence de machines pour jouer à la Loto dans presque tous les coins et tous les dépanneurs; le deuxième, est la présence des logiciels développés par des entreprises privées pour remplir la déclaration d’impôts que les contribuables doivent acheter.

S'impliquer dans le développement des technologies en les utilisant, en les questionnant, en donnant du « feedback » (ou aider les citoyens à le faire). Le choix des technologies est très important. On doit privilégier les technologies qui ont un potentiel d'utilisation sociale, dans une vision à moyen et à long terme. Les logiciels libres sont essentiels pour la gestion des informations de la part de l’État. L’État pourra contrôler le traitement des informations et ne pas laisser ce contrôle aux mains des entreprises privées. Il faut tenir compte que toute tentative de socialisation des infrastructures se butera probablement à l'opposition du privé.

Enjeux sociaux : Une partie des citoyens croit au potentiel démocratique d'Internet. Tout semble indiquer que le gouvernement protège son pouvoir et n'est pas réellement en faveur d'une démocratie véritable. On doit établir la démocratie au niveau local pour remonter graduellement vers les plus hauts niveaux décisionnels.

La confiance envers le gouvernement en ligne est un des enjeux à considérer. Les mesures de sécurité ne sont pas suffisantes. Les données à transiger sont plus importantes que lorsqu’on fait des achats en ligne. Dans le commerce électronique, il n’y a pas seulement les questions de sécurité et de confidentialité qui ont été traitées, mais aussi la crédibilité de l’organisation qui est derrière le site Web et les risques que les utilisateurs perçoivent à l’utiliser.

Propositions qui furent suggérées

Explorer les technologies susceptibles d'augmenter le potentiel social d'Internet qui sont réalisables et abordables :

  1. IPv6 – il s'agit d'une technologie qui donnerait la possibilité à tout internaute d'avoir une adresse unique, statique, stable où il serait joignable, un peu comme un numéro de téléphone.
  2. La bande passante symétrique – donnant la possibilité aux internautes de produire du contenu autant que d'en consommer.
  3. Wi-Fi – points d’accès sans fil à travers le Québec.
  4. Les logiciel libres.

Les gouvernements et les bailleurs de fonds devraient accepter de financer les besoins technologiques des groupes communautaires de même que l'appropriation des technologies.

Il faut développer une stratégie d’utilisation des technologies qui part du bas pour remonter vers le haut. Qui part du citoyen, de leur famille, groupe, localité et qui monte vers les principaux lieux de décision.

Résultats de la table ronde et de la table de travail avec les responsables politiques, les experts et les leaders des groupes communautaires

Sur la vision du gouvernement en ligne

« Le vrai enjeu est la démocratie et pas la cyberdémocratie »

Points de vues exprimés

Les vrais enjeux sont la démocratie et pas la cyberdémocratie, la fracture sociale et pas la fracture numérique, la citoyenneté et pas la cybercitoyenneté. Internet est un nouvel espace pour exercer la démocratie mais en aucun cas n'est-il une nouvelle démocratie. On se demande donc, pourquoi un gouvernement en ligne ? Une initiative du genre devrait contribuer à améliorer la démocratie et non pas à réduire des coûts. Un gouvernement en ligne devrait stimuler la participation citoyenne et non pas se situer seulement dans une perspective clientéliste. Il devrait contrer la perte d’engagement des gens, mais pas pour faire de l’argent avec la technologie. Dans ce sens, la démocratie que les groupes communautaires veulent ce n’est peut-être pas celle qui nous est proposée.

La démocratie en ligne ce n’est pas une nouvelle démocratie mais un espace supplémentaire pour l’exercice de la démocratie. Il faut s’assurer que les gens vont être plus écoutés, car la démocratie est le pouvoir des citoyens. Pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas avoir une consultation constante des citoyens, et que cette consultation-là pourrait aussi être complémentaire à d'autres moyens de communication avec les citoyens, et être écoutée ?

La vision d’un gouvernement en ligne est à développer. La page citoyenne, le vote électronique, les consultations en ligne, les services électroniques sont des moyens, des choses complètement marginales par rapport aux besoins des citoyens. Il faut commencer par définir ce qu'on veut et les résultats qu'on veut. Que la population se prononce sur ce qu'elle veut comme démocratie. C’est ensuite qu’on devrait parler de “ comment ” ça va se faire. Les décisions sur la démocratie se doivent d'être des solutions politiques. Avec l’information dont nous disposons aujourd’hui, personne ne sait ce qu’est le gouvernement en ligne exactement. Il faut que cela soit clarifié pour pouvoir organiser mieux la discussion.

La démocratie s'exprime dans la forme et le contenu. Quand on parle de rendre accessible, de permettre l'appropriation, on parle de finalité. La population doit pouvoir choisir l’utilisation des moyens et s’exprimer sur le choix de l’utilisation ou non des moyens technologiques. Cela est de l’ordre de la finalité. Le défi collectif que nous avons est d’organiser un processus qui nous concerne tous avec des moyens qui vont rejoindre chacune des personnes.

Devant le projet du gouvernement en ligne, l’angle qui nous intéresse le plus est celui qui va du citoyen au gouvernement. Cette approche devra être fondée sur l'apprentissage et la formation et être également une approche terrain, très localiste : supporter les petites communautés, les organismes.

Le gouvernement et la démocratie en ligne devraient être inclusifs : inclure le secteur de la population qui n’est pas branché avec l’implication des groupes communautaires et surtout par l’éducation citoyenne. Inclure les personnes avec des difficultés de lecture et d’écriture. Inclure de façon dynamique les petites et moyennes municipalités au Québec. L’inclusion suppose l’accès aux technologies, mais l’inclusion est aussi faire participer les groupes et les personnes aux prises de décisions dans tout l’ensemble du processus. Il faut que les gens puissent participer à l’élaboration de la consultation en ligne, décider sur quels sujets et comment le faire et de quelle façon on peut poser les bonnes questions. Dans les choix techniques à faire, il faut tenir compte de la dimension de l’accessibilité des personnes handicapées ainsi que de l’utilisation des logiciels et des systèmes informatiques qui puissent être sous le contrôle de l’État et de la population plutôt que dans les mains des entreprises privées.

Le gouvernement devrait avoir une approche d’offre de services multiformes. C’est-à-dire utiliser divers moyens pour offrir ses services à la population. La fracture va continuer d’exister et donc il y aura toujours besoin de différents supports. Les économies faites par la mise en place d’une ligne unique et de guichets web de services devraient être réinvesties dans les services au téléphone. Les gouvernements du Canada et du Québec, et même les municipalités devraient investir dans les réseaux qui travaillent avec les Centres d’accès communautaires pour assurer l’accès aux technologies et leur développement.

Il ne faut pas que dans les nouvelles formes de faire, il y ait une perte des droits pour la population, pour les personnes. On devrait être respectueux des droits et des libertés des personnes.

Le gouvernement en ligne devrait être transparent. Au niveau municipal : les consultations en ligne sont en étude à la Ville de Montréal, il y a un travail pour faire la diffusion du conseil municipal en ligne et la diffusion de l'ensemble des  décisions politiques de l'organisation. Il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites pour développer la transparence des décisions qui sont prises par l'administration municipale.

Propositions qui furent suggérées

Sur les questions éthiques

Points de vues exprimés

La première question éthique, c’est qu’il faut régler le problème d’exclusion d’une partie de la population. Pour un changement aussi drastique que les services électroniques, il faut se préoccuper que la grande majeure partie de population pourra avoir accès à ces services.

Une deuxième question concerne le traitement de l’information que l’État détient sur les personnes : la concentration de l’information nominative sur des individus est extrêmement dangereuse. Les fuites ou l’utilisation de cette information par les fonctionnaires sont préoccupantes. On se demande si la propriété de données du domaine public ou du domaine privé ?

Une troisième question concerne l’imputabilité du gouvernement et des intervenants sur les contenus disponibles sur un site web. Il y a des cas, dans lesquels les contenus d’un site ont changé sans qu’il y ait une explication ou un archive des différentes versions du contenu. Dans d’autres cas, à cause des problèmes de hacking, les propriétaires des sites web sont souvent obligés de dire qu’ils ne sont pas responsables. L’imputabilité touche aussi la responsabilité des intervenants du milieu communautaire dans l’accompagnement des personnes qui pourraient leur demander de l’aide pour consulter leurs renseignements personnels.

Une quatrième question concerne la gestion de l’information par les personnes et leur authentification. Les informations personnelles sont la propriété des personnes lorsqu’elles utilisent Internet. Mais comment identifier la personne qui a accès et celle qui a le droit de les consulter. Il faut être capable de bien identifier qui est l’internaute qui se branche pour avoir de l’information dans son dossier gouvernemental. Savoir aussi qui a accès du côté gouvernemental à cette information, avec quel pouvoir de décision et quels types de regard. Si nous pouvons chercher nos informations dans chacun des ministères, pourquoi centraliser tout ? La transparence, le cadre législatif et la protection des renseignements personnels vont ensemble.

On se pose également des questions sur la façon de traiter l’information, sur la représentativité d’une consultation en ligne et si la population est prête à accepter un cookie qui va vous empêcher, par exemple, de voter deux fois.

Propositions qui furent suggérées

Traiter les problèmes éthiques concernant l’exclusion de certaines personnes, mais aussi les valeurs qui devront guider la conduite des gouvernements, des fonctionnaires, des citoyens, des organismes et des institutions.

Sur le rôle des groupes communautaires

Points de vue exprimés

Le rôle du communautaire est plutôt d'être le mobilisateur de la société civile, il doit servir à exprimer la volonté de la société civile. Il doit aider à définir l'objet de ce qu'on veut lorsqu’il y a des projets comme le gouvernement et la démocratie en ligne. Le communautaire fait la promotion de la démocratie. Il devrait être soutenu pour faire cela avec les nouveaux outils technologiques.

Le communautaire aide les citoyens à faire l'exercice des droits. Au niveau des consultations, ce sont les groupes communautaires qui pourraient fournir les questions, qui pourraient demander des réponses à telle ou telle question. C’est au gouvernement de payer les experts pour répondre aux questions exprimées par les groupes.

Les groupes ne sont pas une béquille pour les populations défavorisées mais les organisateurs de la solidarité citoyenne. Les groupes communautaires seront les premiers à vraiment identifier les revendications des utilisateurs et à pouvoir les amener de l’avant.

Il faudrait faire attention de ne pas se substituer aux responsabilités de l’État. On ne peut pas sous-entendre que les groupes communautaires vont assurer un soutien aux populations face au gouvernement en ligne. Premièrement, parce que ce n’est pas aux groupes communautaires de fournir tout le soutien et la formation aux citoyens  pour l’accès aux services gouvernementaux ; cela est la mission du gouvernement. Deuxièmement, si le gouvernement s’attend à avoir le soutien des groupes, il devra y investir, il devrait dès maintenant commencer à travailler de façon concrète avec les organismes  communautaires pour avoir leur point de vue et pour que les organismes soient partis prenantes de la démarche.

Un point de vue exprimé était aussi de considérer que les groupes communautaires n’ont rien à voir avec le gouvernement en ligne. Si les groupes communautaires deviennent en quelque sorte une suppléance aux lacunes d’un service gouvernemental, il y a un échec.

Un autre point de vue exprimé demandait que les groupes communautaires soient reconnus comme partenaires du projet du gouvernement en ligne. Premièrement, parce que c’est en grande partie par les groupes que les gens pourront connaître le gouvernement en ligne. Deuxièmement, les groupes communautaires pourraient avoir un rôle formel leur permettant de suggérer des améliorations au système et de s'assurer que ces suggestions aient du poids. Troisièmement, les groupes pourraient servir comme courroies vers les responsables, les mandatés, ceux qui ont les connaissances. Mais pour jouer ce rôle, il faut que le gouvernement soutienne cette participation et cet engagement.

Propositions qui furent suggérées

D’ordre plus général

Points de vue exprimés

Sur le gouvernement et son leadership dans cette initiative : si pour le gouvernement le gouvernement et la démocratie en ligne est un projet prioritaire et d’envergure, il faudrait qu’il travaille pour engager la société dans son ensemble et surtout qu’il finance tout ce que cela suppose, entre autres, la sensibilisation, l’information, la formation de la population et l’accès aux technologies. Déjà, certains groupes communautaires ont exprimé leur volonté de participer mais ils ne reçoivent aucune aide financière. Cela laisse croire que le gouvernement n’a pas la volonté pour effectuer un vrai changement. Si tout l’effort qui se fera bénéficiera seulement à un groupe d’entreprises et à un secteur de la population qui dispose déjà de beaucoup de services ou qui n’a pas besoin de ces services, il est logique que les groupes communautaires ne soient pas d’accord avec ce projet.

Sur le manque d’information de la population : les gens ne peuvent pas se prononcer parce qu’ils ne savent pas vraiment quelles sommes seront consenties pour la mise en place du gouvernement et de la démocratie en ligne et dans quelle mesure cela servira vraiment à la population.

Sur les besoins des personnes ou des industries : il faut se centrer sur les problèmes sociaux. Les industries vont toujours essayer de nous convaincre qu’il faut changer des machines, qu’il faut de nouvelles façons de faire, qu’il faut telle ou telle solution sans parler vraiment des besoins et des problèmes auxquels on veut s’attaquer.  

Sur la création d’un déficit démocratique plus grand : l’application des règles par les machines entre en contradiction avec la diversité progressive de situations de vie, d’histoires et de trajectoires des personnes. Pour résoudre cette contradiction, il faut rendre les normes informatisées compréhensibles mais surtout, encourager la participation des citoyens et développer leur capacité de traiter, comprendre et communiquer l’information.

Sur l’éducation nécessaire à la démocratie et au gouvernement dans une société du savoir : nous avons besoin d’une éducation qui nous permette de comprendre les changements en cours, qui nous permette de devenir les acteurs de ces changements, qui nous permette de décider de la meilleure façon de développer nos pratiques démocratiques et de la démocratie et du gouvernement que nous voulons pour notre société.

Sur la représentation et la participation sociale et politique des femmes : la participation des femmes et des groupes de femmes est essentielle pour s’assurer que le projet réponde aux besoins des femmes. Doivent être pris en compte les enjeux spécifiques liés à la sécurité, la violence, l’atteinte à l’intégrité et à la dignité des femmes ainsi que le manque de valorisation des connaissances techniques chez les femmes, pour qu’elles investissent ce nouvel espace citoyen.

Sur la nécessité d'adopter une politique favorisant l'usage et la conception des logiciels libres : Il est de plus en plus reconnu que les formes de collaboration qui émergent autour des logiciels libres sont mieux adaptées aux réseaux électroniques, favorisent l'économie locale et l'indépendance technologique des états et peuvent potentiellement stimuler la participation citoyenne (Von Hippel 2004; Benkler 2006; Aigrain 2005). Le rapport Pascot (2003) allait dans le même sens en recommandant au gouvernement du Québec d'adopter le modèle du logiciel libre. Dans le cadre du projet de gouvernement en ligne, le gouvernement devrait: 1) s'assurer que les documents publiés sur les sites du gouvernement soient en format libre et ouvert; 2) maximiser l'usage de logiciels libres déjà existants; 3) faire en sorte que tous les logiciels réalisés à l'aide d'un financement public soit soumis à une licence libre (FSF 2006) ; 4) accorder un soutien effectif (et aujourd'hui inexistant) aux groupes communautaires investis depuis un certain temps déjà dans l'usage et la conception de logiciels libres.

Sur l'accessibilité des contenus et services en ligne pour les personnes handicapées : Les différents services en ligne projetés par le gouvernement se doivent d'être accessibles à l'ensemble des citoyens et citoyennes du Québec, incluant ceux et celles ayant des limitations fonctionnelles (cécité, surdité, etc.). Des standards doivent être mis en place par le gouvernement pour avancer des directives claires que respecteront les webmestres, de manière à assurer le droit de chaque individu à une pleine participation sociale.

Sur l'apprentissage des affaires publiques: un important travail s'est réalisé autour de l'apprentissage des affaires publiques en lien avec la démocratie et les aspirations des communautés. Nous devons poursuivre le travail de réflexion et d'action en communautique (c’est-à dire de façon collective), et tenter de devenir des praticiens-réflexifs de la démocratie. Les gens connaissent encore mal le pouvoir de la communication en réseau et des outils collaboratifs mis au service des moins nantis ou de l'exclusion sociale. Les gens craignent que leurs activités de mobilisation restent lettre morte. Ils s'inquiètent du lien entre leurs actions et la volonté de changement de ceux qui gouvernent. L'apprentissage d'une certaine «culture  participative» de l'Internet et un financement plus adéquat permettrait aux communautés de déplacer des montagnes de cynisme, de mauvaise gouvernance, et d'apathie.

Propositions qui furent suggérées

Remarques

Les thèmes de cette partie des consultations étaient plus généraux. Parler de la vision, des enjeux éthiques et du rôle des groupes a permis aux participants d’intervenir de manière plus globale. Il y a des pistes de réflexion très importantes. Par exemple, celle qui nous appelle à analyser notre démocratie avant de voir quelle est ou sera son expression avec l’utilisation des nouvelles technologies. Il s’agit de voir les liens dynamiques entre la réalité de la démocratie actuelle et la réalité d’une utilisation des technologies pour l’exercice démocratique qui est en émergence. Il s’agit sans doute d’un exercice important, d’un exercice qui va remettre en question nos attitudes critiques face à notre démocratie actuelle. Plusieurs n’aiment pas penser à cela car le processus démocratique provoque beaucoup de frustration. Mais toutes les tentatives de mieux faire la démocratie avec les nouvelles technologies ne peuvent pas ignorer une transformation de la démocratie telle qu’elle est présentement.

À chaque fois que nous voulons travailler à améliorer le régime démocratique, on nous rappelle que la société civile a des responsabilités. Cela est vrai. Mais de toutes les responsabilités de la société civile, nous nous intéressons beaucoup à celles de promouvoir des nouvelles façons de faire, d’apprendre, de gouverner, de vivre ensemble plutôt qu’à celles de suivre simplement les normes qui existent aujourd’hui. En ce qui concerne nos droits, nous voudrions que ces droits soient respectés et qu’ils soient même approfondis plutôt que de les voir disparaître au nom des changements technologiques.

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